Islamophobie – Publié le 11 février à 19:22 – Mis à jour le 11 février 2016 à 21:16

Le CCIF critique le ciblage massif à l’encontre des citoyens de confession musulmane

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Le CCIF critique le ciblage massif à l’encontre des citoyens de confession musulmane

Dans son dernier rapport annuel, le Collectif Contre l'Islamophobie en France, critique les débordements de l’état d’urgence et pointe une augmentation de 18,5% des actes islamophobes par rapport à 2014.

Le Collectif Contre l'Islamophobie en France (CCIF) s’inquiète des « discriminations commises sous couvert de l’état d’urgence ». Dans sa dernière étude, publiée le mercredi 10 février, l’association dénonce un « ciblage massif de citoyens de confession musulmane, perquisitionnés et assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence ».

Entre le 13 novembre et le 31 décembre 2015, celle-ci a été saisie pour 225 dossiers liés à l’état d’urgence. Selon le CCIF, les méthodes d’intervention des forces de l’ordre seraient parfois menées de manière « très discutables ». Le collectif pointe un « déploiement de moyens humains disproportionnés et l’usage de la force (placages au sol, menottes, dégâts matériels, traitements dégradants) et ce parfois devant des enfants ».

Mais le rapport annuel du Collectif Contre l'Islamophobie en France (CCIF) présenté mercredi ne s’intéresse pas qu’aux discriminations liées à l’état d’urgence. Le CCIF dresse son constat chiffré global sur la dernière année écoulée. Le collectif a dénombré 905 actes islamophobes pour l’année 2015 et pointe une augmentation de 18,5% des actes antimusulmans par rapport à 2014.

Discriminations et sexisme

67% des actes islamophobes sont des discriminations, et 64% de ces discriminations surviennent dans les institutions. Ces deux chiffres illustrent « le racisme institutionnel qu'est l'islamophobie », selon Yasser Louati, le porte-parole du CCIF. Enfin, 88% des victimes de discriminations sont des femmes : 

Dans son appréhension sexiste, l’islamophobie révèle ainsi sa dimension intersectionnelle, à savoir reposant à la fois sur le sexisme et le racisme.

Graphique et données: CCIF

Pour la première fois dans son recensement, le Collectif Contre l'Islamophobie en France constate que les agressions physiques dépassent les agressions verbales. Avec une augmentation de 150 %, les agressions physiques passent du simple au double, de 22 cas en 2014 à 55 cas en 2015. Aussi, les violences symboliques enregistrent une nette progression (+140 % par rapport à 2014). 60 signalements de dégradations et profanations ont été enregistrés par l’association contre contre 25 en 2014.

Graphique et données: CCIF

Des violences que l’association lie à la libération de la parole islamophobe après les attentats de janvier et de novembre 2015. « Aux lendemains des attentats de janvier, en l’espace de trois semaines, 120 actes ont été recensés dont près d’une trentaine d’attaques contre des lieux de culte. Le CCIF n’a jamais constaté autant d’agressions dans une période aussi courte ».

En janvier 2015, le ministre de l’intérieur alertait lui aussi sur une hausse significative des actes islamophobes en France. Bernard Cazeneuve estimait alors que les actes antimusulmans avaient triplé en 2015 pour s’établir plus de 400 actes et menaces.

Différentes méthodologies

Comme chaque année, les données du CCIF diffèrent donc de celles du gouvernement, comme l'expliquait le porte-parole du collectif sur iTELE le 20 janvier. Le ministère de l’Intérieur comptabilise les plaintes qui lui sont remontées avec une qualification d’ « actes antimusulmans ». Quant au CCIF, crée en 2003, il recense l’ensemble des actes de rejet, de discrimination ou de violence perpétrés contre des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane.

Le collectif tient compte des plaintes déposées, mène des enquêtes et comptabilise toutes les plaintes de discrimination, que ce soit dans le monde du travail ou dans le cadre de l’accès aux services. A l’image des mères qui se voient refuser d’accompagner une sortie scolaire en raison de leur voile.


"Hausse considérable" des actes islamophobes... par ITELE

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE