Monde – Publié le 09 mars à 00:16 – Mis à jour le 09 mars 2016 à 00:21

Uber dément les accusations de milliers d'agressions sexuelles

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Uber dément les accusations de milliers d'agressions sexuelles

A la suite d'un article de BuzzFeed affirmant que des milliers de passagers d'Uber avaient dénoncé des viols et des agressions sexuelles, la société californienne s'est expliquée et a publié ses propres chiffres.

Uber indique dans une lettre ouverte adressée au site d'information BuzzFeed que le service de réservation de voitures avec chauffeur a relevé cinq cas de viols présumés et 170 "dénonciations légitimes d'agressions sexuelles" entre décembre 2012 et août 2015. 

Les chiffres publiés se fondent sur les rapports élaborés d'après les messages envoyés au service client d'Uber, précise le groupe. Les cinq viols présumés correspondent à 0.0000009% des trajets assurés dans le monde sur la période, tandis que les 170 agressions équivalent à un voyage sur 3,3 millions, selon les calculs d'Uber qui nuance toutefois: 

Lorsque des faits sérieux se produisent, ils sont souvent dénoncés directement auprès de la police. Ces faits peuvent donc ne pas être reflétés dans les chiffres ci-dessus

Des milliers d'agressions sexuelles ?

La publication de ces chiffres est une réponse directe au média en ligne BuzzFeed qui a publié dimanche des captures d'écran montrant le nombre de résultats extraits d'une base de données du service client d'Uber selon des mots-clés. Ainsi, "agression sexuelle" donne 6.160 résultats et "viols" est cité 5.827 fois sur la même période, selon le site qui précise que les images lui ont été transmises par un ancien responsable du service client.


Captures d'écran provenant d'une base de données du service client d'Uber publiées le 6 mars par BuzzFeed

Des "chiffres trompeurs" selon Uber

La société californienne estime que les chiffres mis en avant par BuzzFeed sont "profondément trompeurs". Uber explique que les passagers "orthographient souvent mal" le mot "tarif" ("rate" en anglais) en écrivant "rape" ("viol") à la place. La recherche par mots-clés pioche aussi dans les expressions familières du type "vous avez violé mon portefeuille", assure le groupe, ainsi que toute adresse email ou nom et prénom "de passager ou de chauffeur qui commencent par un R et comprennent les lettres A,P,E ensuite".

Ces résultats incluent également des messages de passagers ayant voyagé sur un autre service qu'Uber ou évoquant des "informations de médias sans fondements concernant des agressions sexuelles", selon la lettre.

Présente dans des centaines de villes dans le monde, la start-up californienne a été officiellement bannie de New Delhi après le viol d'une jeune femme dans la capitale indienne fin 2014 par un chauffeur Uber.

Les responsables de l'entreprise admettent toutefois: 

Malheureusement, aucun moyen de transport n'est sûr à 100%.

En mars 2015, la société avait annoncé la mise en place de mesures supplémentaires pour rassurer les utilisateurs, et notamment les utilisatrices, du service. 

Rédaction web d'iTELE avec AFP