Rohingyas – Publié le 13 janvier à 10:59

Le Bangladesh demande le retour en Birmanie de dizaines de milliers de Rohingyas

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Le Bangladesh demande le retour en Birmanie de dizaines de milliers de Rohingyas

​La Première ministre bangladaise Sheikh Hasina a demandé mercredi à la Birmanie de reprendre des dizaines de milliers de musulmans rohingyas qui fuient une répression militaire engagée dans ce pays majoritairement bouddhiste. La semaine dernière, près de 22.000 Rohingyas avaient fui la Birmanie.

Lors d'une rencontre à Dacca avec le vice-ministre des Affaires étrangères birman, Kyaw Tin, Sheikh Hasina a déclaré que "la Birmanie devait reprendre les Rohingyas qui ont migré au Bangladesh", a indiqué son porte-parole, Ihsanul Karim.

Selon les Nations Unies, au moins 65.000 musulmans rohingyas ont fui de la Birmanie vers le Bangladesh suite à une opération de l'armée birmane en Etat Rakhine lancée en octobre dernier, en représailles à l'attaque de postes-frontières par des groupes d'hommes armés.

Les chiffres de l'ONU montrent une nette augmentation du nombre de Rohingyas fuyant cette campagne militaire, marquée selon les groupes de défense des droits de l'homme par de graves abus - viols collectifs, meurtres, tortures - qui pourraient s'apparenter à des crimes contre l'humanité.

L'afflux soudain de réfugiés a fortement affecté le Bangladesh et le pays, très pauvre, a choisi de renforcer ses postes-frontières et de déployer des navires de garde-côtes en mer pour empêcher de nouvelles arrivées.

Un tiers des migrations dans la semaine dernière

Quelque 22.000 Rohingyas sont entrés au Bangladesh lors de la semaine écoulée, soit un tiers de la population actuellement accueillie au Bangladesh. 

"Lors de la semaine écoulée, 22.000 passages supplémentaires de la frontière depuis l'Etat Rakhine ont été enregistrés", a déclaré l'ONU. "A la date du 5 janvier, environ 65.000 personnes se trouvaient dans des camps répertoriés, des campements de fortune ou des centres d'accueil à Cox's Bazaar", dans le sud du Bangladesh, a déclaré le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

L'envoyée spéciale de l'ONU pour la Birmanie, Yanghee Lee, a entamé une visite de 12 jours pour enquêter sur les violences dans les zones sous contrôle de l'armée birmane. Mme Lee a commencé lundi sa propre enquête dans l'Etat Kachin (nord), ou des milliers de villageois ont été déplacés par des combats entre l'armée et l'insurrection. Elle doit visiter l'Etat Rakhine avant son départ le 20 janvier.

Arrivés au Bangladesh, ces réfugiés ont décrit les exactions de l'armée birmane: viols collectifs, meurtres, tortures. Haïs en Birmanie par une partie de la population à 95% bouddhiste, les Rohingyas y sont considérés comme des étrangers et sont victimes de multiples discriminations. Le gouvernement birman refuse de les reconnaître comme une minorité du pays, et préfèrent les qualifier de Bengalis, ou de migrants illégaux venus du Bangladesh voisin, alors que beaucoup d'entre eux vivent en Birmanie depuis plusieurs générations.

L'arrivée au pouvoir fin mars de la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, n'a pour l'instant rien changé à la situation. Cette dernière ne s'est quasiment pas exprimée sur le sujet depuis le début des violences, dans un pays où l'armée échappe à son contrôle.

En décembre, le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, pays à majorité musulmane, avait convoqué l'ambassadeur de Birmanie pour lui faire part de ses "sérieuses inquiétudes face à l'afflux continu" de membres de cette minorité musulmane persécutée. Il avait appelé au retour en Birmanie des quelques 300.000 Rohingyas qui vivent au Bangladesh depuis des années, pour la plupart illégalement.

Article rédigé par la rédaction d'Itélé (Crédits photo : Flickr)