Proche-Orient – Publié le 04 juillet à 15:04 – Mis à jour le 04 juillet 2014 à 15:46

La haine raciale se déverse sur les réseaux israéliens

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La haine raciale se déverse sur les réseaux israéliens

Les conséquences de la mort des trois Israéliens enlevés 12 juin dernier en Cisjordanie et d'un jeune Palestinien pourraient être dramatiques et plonger le Proche-Orient dans un nouveau cycle de violences. Sur les réseaux sociaux israéliens déjà, une expression de haine anti-arabe prend de l'ampleur.

Une spirale de vengeance menace d'embraser Israël et les Territoires palestiniens, après les meurtres de trois jeunes juifs et d'un jeune Palestinien. Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux israéliens, cyber-activistes, anonymes ou encore des soldats incitent à la haine anti-arabe. Plusieurs photos sont publiées sur Twitter ou Facebook, avec un seul mot d'ordre : "vengeance!" écrit sur des pancartes.

La découverte lundi 30 juin des corps des trois étudiants juifs assassinés en Cisjordanie est vécue comme un traumatisme national en Israël. Depuis, une campagne a vu le jour sur une même page Facebook intitulée "le peuple d'Israël réclame vengeance". Elle a accueilli près de 35 000 soutiens jusqu'à sa disparition mercredi soir. Cette même page, réouverte jeudi, montre de nombreux clichés de soldats, le visage masqué, réclamant la loi du talion au nom de leur unité, la plupart opérant en Cisjordanie occupée.

Stopper l'incitation à la haine

Ce n'est pas la première fois que l'armée israélienne fait face à une "cyber-sédition" de ses troupes sur Facebook, mais elle a annoncé qu'elle allait réagir "sévèrement". "Il est dommage que le sentiment de deuil national soit exploité par des éléments politiques qui se livrent à des provocations et incitations en tentant d'impliquer l'armée" a déploré un porte-parole de l'armée israélienne. Une cellule de la police spécialisée en cyber-criminalité a été chargée d'ouvrir une enquête sur les "incitations à la haine" et les appels à "agresser des innocents". Le président sortant israélien Shimon Peres a également appelé à "stopper la haine raciale".

De la toile à la rue

Mardi, près de 200 personnes ont participé à un défilé anti-palestinien à Jérusalem qui a dégénéré en "chasse aux Arabes". Un climat de haine déploré par la ministre de la Justice Tzipi Livni, figure modérée du gouvernement Netanyahu. "Il suffit de lire ce qui est écrit sur les réseaux sociaux qui sont devenus de dangereux et violents foyers d'incitation. Il ne faut pas laisser gagner les extrémistes" a-t-elle déclaré. La députée de gauche Zaava Gal-On estime qu'"il y a un lien enter les réseaux sociaux sociaux et les violences dans la rue". Dès l'annonce de l'enlèvement des trois jeunes juifs, les Israéliens se sont déchaînés sur les réseaux sociaux via le hashtag #brinckbackourboys ("ramenez nos garçons"). Cette mobilisation avait atteint son apogée avec un rassemblement de dizaines de milliers de personnes à Tel-Aviv, en présence des familles des victimes, la veille de la découverte des corps.

Appel à la "vengeance"

Le crime est moralement odieux et politiquement criminel. Certains commentateurs pointent du doigt la responsabilité du Premier ministre israélien dans la promotion d'un discours de haine. Benjamin Netanyahu a en effet lui-même utilisé le terme "vengeance" dans un tweet publié le 30 juin. Les trois Israéliens "ont été enlevés et tués de sang-froid par des bêtes humaines. Au nom du peuple juif, je voudrais dire aux familles, les mères, pères, grands-mères et grands-mères, que nous sommes profondément attristés. La nation toute entière pleure avec vous. La vengeance du sang d'un enfant, Satan ne l'a point encore inventé..." a commenté Benjamin Netanyahu sur Twitter. Il a également ajouté que "le Hamas paiera".

@DoniaHachem