Allemagne – Publié le 01 février à 10:58 – Mis à jour le 01 février 2016 à 12:27

La cote de popularité d'Angela Merkel recule avec la crise des réfugiés

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La cote de popularité d'Angela Merkel recule avec la crise des réfugiés

La popularité de l'alliance CDU-CSU de la chancelière est tombée au plus bas depuis trois ans et demi. L'opinion publique est de plus en plus critique sur la politique d'ouverture aux réfugiés. Dans le même temps, le principal parti populiste se maintient à des niveaux de soutien élevés.

Longtemps saluée pour sa gestion de la crise et économique de 2008 et son inflexibilité dans la crise des dettes souveraines en Europe, l'alliance conservatrice CDU-CSU de la chancelière allemande Angela Merkel perd en popularité en pleine crise des réfugiés. L'Allemagne, qui a vu arriver 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015, connait une montée des inquiétudes sur sa capacité à absorber ce flux migratoire massif. La CDU-CSU est tombée au plus bas depuis juillet 2012 en raison de l'opposition à sa politique migratoire libérale.

D'après le sondage publié par le quotidien Bild am Sonntag, la CDU d'Angela Merkel et son allié la CSU n'atteignent plus que 34% d'opinions favorables, en baisse de deux points.

Le Parti social démocrate, qui participe à la grande coalition gauche-droite au pouvoir, recule d'un point à 24%, d'après ce sondage réalisé du 21 au 27 janvier auprès de 1.638 personnes.

Le parti populiste "Alternative pour l'Allemagne" au plus haut

Mais le parti populiste AfD, qui a suscité un tollé samedi en suggérant que la police fasse "au besoin" usage d'armes à feu pour empêcher les migrants d'entrer en Allemagne, atteint un record à 12%, en hausse de deux points par rapport à un précédent sondage publié dimanche dernier.

"Nous avons besoin de contrôles efficaces afin qu'il n'y ait plus autant de demandeurs d'asile non enregistrés qui entrent par l'Autriche", a déclaré la présidente du parti, Frauke Petry, au journal régional Mannheimer Morgen ce samedi. "Au besoin", a-t-elle ajouté, les forces de police à la frontière "devraient pouvoir faire usage de leur arme à feu, c'est inscrit dans la loi".

Créé sur une plate-forme anti-euro en pleine crise de la dette, le parti AfD, "Alternative pour l'Allemagne", a depuis réorienté son message vers le refus de l'immigration.

Quatre Allemands sur dix estiment qu'Angela Merkel devrait quitter ses fonctions

La ligne d'Angela Merkel est de moins en moins bien acceptée dans son pays : 40% des Allemands, selon un sondage du magazine Focus de vendredi, estimaient qu'elle devait quitter ses fonctions en raison de sa politique d'ouverture aux réfugiés, même si elle a récemment annoncé une série de restrictions à l'immigration.

Angela Merkel, au pouvoir depuis dix ans, est sous pression d'une partie de la population qui lui reproche sa politique d'accueil très libérale des migrants, et encore plus depuis la série d'agressions sexuelles dans la nuit du Nouvel An à Cologne attribuées par la police à des hommes originaires du Maghreb et d'autres régions du monde arabe.

Cette tendance est de mauvais augure avant trois scrutins parlementaires régionaux le 13 mars. Trois länder sont concernés :

  • Le Bade-Wurtemberg
  • Le Rhénanie-Palatinat
  • La Saxe-Anhalt

Face à cette défiance croissante dans l'opinion, alimentée notamment par les incidents de Cologne du Nouvel An, la chancelière adapte son discours. Samedi, elle a déclaré que l'Allemagne s'attendait à ce que les réfugiés rentrent dans leurs pays d'origine "quand l'Etat islamique sera vaincu". La semaine dernière, son gouvernement avait annoncé un durcissement des règles de l'octroi de l'asile.

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE (avec AFP)