Corée du Nord – Publié le 06 janvier à 06:17 – Mis à jour le 06 janvier 2016 à 09:43

La Corée du Nord affirme avoir effectué un test de bombe à hydrogène

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L'explosion nucléaire a provoqué une secousse de magnitude 5,1 près du site d'essai nord-coréen dans la nuit. Ce quatrième essai est celui d'une bombe H prétend Pyongyang. Plusieurs pays ont condamné Pyongyang.

Ce sont les sismologues, aux États-Unis, en Chine, au Japon et en Corée du Sud, qui ont été les premiers à prendre connaissance de la puissance explosion qui s'est produite vers 2h30 du matin (heure française) dans le nord-est de la Corée du Nord, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Kilju. C'est-à-dire près du site d'essais nucléaires du pays. L'institut américain de géologie a enregistré une magnitude de 5,1.

Peu après, l'annonce tombe à la télévision officielle nord-coréenne. "Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès à 10h00 (02h30 heure de Paris) le 6 janvier 2016, sur le fondement de la détermination stratégique du Parti des travailleurs" au pouvoir. Pyongyang précise que l'engin était miniaturisé.

L'annonce de l'essai à la télévision officielle nord-coréenne

Condamnations internationales

Les condamnations internationales ne tardent pas, notamment chez les pays voisins. Séoul déclare que l'essai est un "défi grave" pour la paix mondiale et promet des sanctions lourdes : "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires, y compris des sanctions additionnelles du Conseil de sécurité de l'ONU (...) pour que le Nord paie le prix de cet essai nucléaire", indique le gouvernement. Au Japon, Shinzo Abe "condamne fermement" l'essai, y voyant là "un grave défi aux efforts internationaux de non prolifération" :

L'essai nucléaire mené par la Corée du Nord est une sérieuse menace contre la sécurité de notre pays et nous ne pouvons absolument pas le tolérer.

La Maison Blanche hausse le ton également, même si elle se dit incapable de confirmer cette annonce : 

Nous condamnons toute violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter ses obligations et ses engagements internationaux.

Pékin de son côté "s'oppose fermement" à cette nouvelle provocation de son allié. La diplomatie chinoise "exhorte instamment" la Corée du Nord "à tenir son engagement de dénucléarisation, et à s'abstenir de toute action qui aggraverait la situation".

À Élysée, un communiqué note que "la France condamne cette violation inacceptable des résolutions du Conseil de sécurité et appelle une réaction forte de la communauté internationale".

À deux jours de l'anniversaire de Kim Jong-Un

L'annonce de ce test d'une bombe H est une surprise. Pyongyang affirme qu'il a été personnellement ordonné par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un à deux jours de son anniversaire. Ce dernier avait annoncé il y a près d'un mois que son pays possédait la bombe H, une déclaration mise en doute par plusieurs spécialistes internationaux.

Des doutes subsistent sur la véritable nature de la bombe. S'agit-il vraiment d'une bombe H ? En Corée du Sud, le Service national du renseignement considère que "à la vue de la puissance sismique détectée, il y a des possibilités que ce ne soit pas le cas". "Cette arme avait probablement la taille de la bombe américaine d'Hiroshima mais ce n'était pas une bombe à hydrogène. On a affaire à de la fission", assure de son côté sur la BBC Bruce Bennett, analyste spécialiste de la défense chez la Rand Corporation. "[En cas de bombe H], le bang qu'ils auraient obtenu aurait été 10 fois supérieur à ce qu'ils ont obtenu".

Jusqu'à présent, Pyongyang a testé trois fois la bombe atomique A (fission nucléaire), en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs volées de sanctions internationales.

Une bombe à hydrogène, ou bombe thermonucléaire, utilise la technique de la fusion nucléaire et produit une explosion beaucoup plus puissante qu'une déflagration due à la fission, générée par les seuls uranium ou plutonium.

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE (avec AFP) - Photo : Un essai nucléaire ressenti à Séoul en 2009 (AFP)