Crise des réfugiés – Publié le 16 mars à 19:33 – Mis à jour le 06 avril 2016 à 20:13

Hellenikon, l'ancien aéroport d'Athènes devenu principal centre d'accueil de réfugiés en Grèce

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Quinze ans après sa fermeture, l'aéroport Hellenikon d'Athènes est devenu l'un des principaux centres d'accueil de réfugiés en Grèce. Dans les halls désaffectés, près de 4.000 personnes s'entassent dans des conditions déplorables.

Le 29 mars 2001, l'aéroport Hellenikon d'Athènes fermait ses portes. Quinze ans après la fin de son exploitation, l'ancien complexe aéroportuaire s'est transformé en l'un des plus grands centres d'accueil de réfugiés du pays, où 4.000 personnes s'entassent dans des conditions déplorables.

Le plus grand centre d'accueil de l'Attique

Depuis décembre 2015, les halls de l'Hellenikon et les quelques infrastructures mises en place pour accueillir des compétitions des Jeux Olympiques en 2004, et tenter de redonner vie à ces 620 hectares abandonnés, sont occupés par des réfugiés venus majoritairement d'Afghanistan. Plus ou moins contrôlé par l'armée, dont la présence est inégale sur le site, le lieu est géré par des associations et des bénévoles qui distribuent quotidiennement nourriture, produits hygiéniques et vêtements.

Abritant 4.000 personnes environ, l'Hellinikon est le plus grand centre d'accueil de réfugiés de la région de l'Attique.

Vue aérienne de l'ancien aéroport Hellenikon (Google Earth)

Attente permanente

Orientés depuis le port du Pirée par les autorités, les réfugiés arrivent quotidiennement dans des bus spécialement affrétés ou bien par leurs propres moyens. Certains ont bien tenté de traverser la frontière avec la Macédoine, sans succès, et sont donc revenus à l'Hellenikon patienter. Dans ce grand hall délabré conçu pour une attente temporaire de touristes en partance, contraste l'absurde image de milliers de personnes clouées au sol face aux pistes désertées, dans l'expectative la plus totale.

Des centaines de réfugiés afghans dorment à même le sol, certains dans des tentes, en attendant que la situation se débloque. Ils savent que la Macédoine a fermé ses portes aux Afghans, et ne comprennent pas pourquoi, alors que la paix n'est toujours pas revenue dans leur pays.

"Offrir un meilleur avenir à mon fils"

"Il n'y a pas la paix, et il n'y a pas de système éducatif en Afghanistan". Zia est de ceux là. Avec sa mère, son frère, sa femme et ses deux enfants, cet homme d'une quarantaine d'années a voyagé pendant trois semaines pour rejoindre Athènes depuis Kandahar. Après avoir dépensé 2.500 dollars par personne pour atteindre la capitale grecque, cette famille se retrouve bloquée dans l'aéroport. "Je veux aller en Allemagne, en Suède ou ailleurs. La Grèce est un beau pays, mais il n'y a pas de travail ici", précise-t-il. Comme des milliers de compatriotes, Zia a fui la guerre et espère trouver refuge en Europe, pour "offrir un meilleur avenir à [son] fils".


Zia, réfugié afghan dans l'Hellinikon: "Je... par ITELE

A quarante-huit heures d'un nouveau sommet entre l'Union Européenne et la Turquie, la situation empire de jour en jour pour les dizaines de milliers de réfugiés arrivés vivants en Grèce. L'agence de presse grecque ANA-MPA recense ce mercredi 16 mars 43.407 réfugiés sur l'ensemble du territoire, dont 11.296 pour la région de l'Attique. Des chiffres approximatifs dont l'unique certitude est la constante progression.

Alexandros Kottis (@alexandros_kts), envoyé spécial à Athènes