Finlande – Publié le 11 mars à 01:05 – Mis à jour le 11 mars 2016 à 06:17

Finlande : Le Parlement doit débattre de la sortie de l'euro suite à une pétition

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Finlande : Le Parlement doit débattre de la sortie de l'euro suite à une pétition

Une pétition lancée un eurodéputé finlandais et signée par plus de 50.000 citoyens va contraindre le Parlement du pays à débattre d'un éventuel référendum pour que le pays abandonne l'euro.

Un retour au mark finlandais semble improbable et pourtant, comme la pétition a dépassé le seuil exigé pour être mis à l'ordre du jour, les députés vont débattre de cette éventualité. 

Euroscepticisme ambiant

Cette initiative, qui illustre l'euroscepticisme ambiant, provient du député européen Paavo Väyrynen, 69 ans, huit fois ministre, qui agit en franc-tireur dans cette affaire. Il n'est soutenu par aucun parti, ni le sien (le Centre, du Premier ministre Juha Sipilä), ni même par le parti des Vrais Finlandais (eurosceptiques) membres de la coalition au pouvoir.

Lors d'une conférence de presse à Helsinki, Paavo Väyrynen a assuré qu'il avait le soutien du peuple:

Au sein du peuple il y a un large soutien pour que la Finlande quitte la zone euro.

Selon le dernier sondage sur la question, paru en décembre, 31% sont pour, alors qu'ils n'étaient que 19% quatre ans auparavant. 

Les divers référendums tenus sur l'Union européenne dans d'autres pays membres ces dernières années ont vu la montée de l'hostilité à l'intégration européenne. Les Britanniques doivent quant à eux voter le 23 juin sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, et un "Brexit" est une hypothèse tout à fait envisageable.

Crise économique

En Finlande, l'hostilité d'une partie de l'opinion publique à l'euro peut s'expliquer par la crise économique que traverse le pays depuis quatre ans, alimentée par sa perte de compétitivité.

Pièce d'un mark finlandais (Crédits photo : domaine public)

Les nostalgiques du "markka" se souviennent comment le pays avait laissé se déprécier sa monnaie lors de la récession du début des années 1990, aidant ses exportateurs à se relancer. Ils lorgnent aussi sur le voisin suédois, qui a refusé d'adopter l'euro, et qui bénéficie aujourd'hui d'une forte croissance, aidée par le faible niveau de la couronne.

Le gouvernement de droite en Finlande, pro-austérité, essaie depuis son arrivée au pouvoir en mai d'appliquer les recettes de la "dévaluation interne" (rigueur salariale et budgétaire). Mais sans grand succès jusqu'ici.

Rédaction web d'iTELE avec AFP - Photo de Une : L'hémicycle de parlement finlandais (Eduskunta) en 2006 (Crédits : domaine public)