Crise des réfugiés – Publié le 07 mars à 17:47 – Mis à jour le 07 mars 2016 à 18:18

​Crise des réfugiés : Ankara demande trois milliards d'euros supplémentaires à Bruxelles

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​Crise des réfugiés : Ankara demande trois milliards d'euros supplémentaires à Bruxelles

La Turquie a demandé lundi 7 mars à l'Union européenne trois milliards d'euros d'aide supplémentaire "d'ici 2018". Ankara a aussi fait une "nouvelle proposition" aux 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, afin d'aider à régler la crise migratoire en Europe.

La Turquie a demandé à l'Union européenne trois milliards d'euros d'aide supplémentaire "d'ici 2018". Le président du Parlement européen Martin Schulz l'a déclaré en marge du sommet UE-Turquie à Bruxelles:

Cet argent additionnel va demander des procédures budgétaires additionnelles. Le Parlement européen est prêt à accélérer les procédures.

En échange, la Turquie promet d'augmenter drastiquement sa coopération dans la crise migratoire pour tarir les flux de migrants.

"Nouvelle proposition"

Aussi, Ankara a présenté une "nouvelle proposition" afin d'aider à régler la crise migratoire en Europe, a indiqué ce lundi 7 mars le porte-parole du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

Sans vouloir fournir d'autres détails à la presse, celui-ci a rappelé la volonté turque de vouloir "trouver un terrain d'entente":

Nos partenaires ont de bonnes intentions et nous mêmes avons de bonnes intentions et tout le monde veut une solution.

La proposition de la Turquie a été exposée aux 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne au cours d'un déjeuner de travail avec M. Davutoglu.

Les dirigeants européens doivent ensuite examiner ensemble les "nouvelles idées" d'Ankara avant de retrouver le Premier ministre turc pour un dîner.

Contreparties substantielles

Le sommet va donc être prolongé et durer au delà de la durée prévue, précise un haut responsable européen. Celui-ci estime que la Turquie tend la main à l'Union européenne, mais pas sans contreparties:

Les Turcs offrent davantage, ils demandent aussi davantage. C'est plus ambitieux à tous égards.

Selon le Premier ministre irlandais Enda Kenny, l'une des demandes abordées par la Turquie concerne l'accélération de la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs voyageant au sein de l'UE.

Ankara a conclu fin novembre un "plan d'action" avec l'UE pour stopper les migrants quittant par milliers la côte anatolienne à destination de la Grèce.

En échange de sa coopération, Ankara aurait déjà obtenu des contreparties substantielles:

  • la suppression, peut-être dès l'automne, des visas imposés aux ressortissants turcs
  • une relance de son processus d'adhésion à l'UE, ainsi que trois milliards d'euros d'aide pour les 2,7 millions de Syriens réfugiés dans ce pays.

Pourtant, lors d'un meeting à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a accusé l'Union Européenne de ne pas avoir débloqué les 3 milliards d'euros pour gérer le flux de migrants arrivant dans son pays. Le président espère que le Premier ministre turc sera en mesure de rapporter avec lui la somme attendue.

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE (avec AFP) // Crédits photo : Alain Jocard / AFP // Le président Français François Hollande, le Premier Ministre turc Ahmet Davutoglu, et le Président du Conseil Européen Donald Tusk le 7 mars 2016.