Attentats à Paris – Publié le 18 novembre à 23:40 – Mis à jour le 19 novembre 2015 à 00:51

Latifa Ibn Ziaten: "Les terroristes veulent nous séparer, il ne faut pas tomber dans le piège"

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Attaques à Paris: retour sur cinq jours...

Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah et présidente de l'association IMAD pour la jeunesse et la paix, était l'invitée d'iTELE mercredi soir. Elle réagit aux attentats de Paris et livre son expérience sur les moyens de combattre l'émergence du terrorisme sur le terrain.

Pour Latifa Ibn Ziaten, "quand on entend ce qui se passe à Paris, c'est choquant, ça réveille la souffrance". Elle déclare ne pas comprendre pourquoi quand une personne est repérée par les forces de l'ordre ou les renseignements, "on la surveille mais on la laisse". "Quand on a des doutes sur quelqu'un, il faut aller le chercher, le ramener au commissariat, on doit savoir qui il est fait, ce qu'il fait". "On ne peut pas le surveiller quelques jours et le lâcher dans la nature, comme c'est arrivé avec Mohamed Merah", ajoute la mère d'Imad Ibn Ziaten, tué le 11 mars 2012 par le terroriste à Toulouse. 

Ça n'a rien à voir avec l'islam

Questionnée sur la nécessité d'utiliser ou non le terme d'islamisme, Latifa Ibn Ziaten insiste sur le fait que les attentats de Paris n'ont "rien à voir avec l'islam". Pour elle, il n'y a "pas d'islam radical" car "on ne peut pas tuer au nom de Dieu". Elle poursuit : 

J'appelle ça une secte qui est en train de naître en Europe, j'appelle ça des assassins. 

Selon Latifa Ibn Ziaten, il est également question d'éducation. "Certaines femmes m'ont fait peur, elles préparent leurs enfants avec la haine". "Quand quelqu'un dit: 'la France nous a oubliés, on ne fait pas de cadeau', ça me fait peur". "Moi je suis venue en France à 17 ans, elle m'a ouvert les bras, elle m'a donné la chance de réussir, je ne peux pas (lui) tourner le dos", raconte-t-elle. "C'est mon pays aujourd'hui, je dois le défendre". 

L'importance du dialogue 

Pour cette militante associative, le dialogue est indispensable: "il faut insister, donner le temps". Elle explique avoir empêché deux jeunes de partir en Syrie l'année dernière mais "c'était long" précise-t-elle. "Il fallait tendre la main à ces jeunes". 

"Les terroristes aujourd'hui veulent nous séparer, il ne faut pas tomber dans le piège", ajoute Latifa Ibn Ziaten. "Il faut tendre la main, ouvrez ces cités, ouvrez ces ghettos fermés, regardez ce qu'il se passe en prison". 

La douleur ravivée

Pour la mère d'Imad Ibn Ziaten, l'histoire se répète: "Ca ne s'arrête pas, aujourd'hui la France est en deuil". "Il y a une souffrance énorme. Il faut arrêter ça". Elle ajoute: 

Ca me fait très mal de voir cette souffrance, cette douleur, ça me déchire le coeur

Latifa Ibn Ziaten lance un appel: "On ne peut pas fermer les yeux aujourd'hui, il faut qu’on se réveille". Elle estime qu'il faut aller "dans certaines mosquées qui sont dangereuses". "Certains imams n’ont pas leurs places dans les mosquées", selon elle. 

Article rédigé par la rédaction web iTELE