Données personnelles – Publié le 10 décembre à 22:18 – Mis à jour le 11 décembre 2014 à 00:10

La première visioconférence d’Edward Snowden en France

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La première visioconférence d’Edward Snowden en France

Au lendemain de la publication d’un rapport choc dénonçant les méthodes de tortures utilisées par la CIA, Edward Snowden s’est exprimé ce mercredi lors d’une visioconférence organisée par Amnesty International au théâtre de la Gaîté Lyrique à Paris.

Assez discret depuis son exil à Moscou en Russie, Edward Snowden veut désormais faire entendre sa voix. Le lanceur d'alerte participait, ce mercredi, à distance, au rendez-vous de la branche française d'Amnesty International, "Dix jours pour signer" contre les violations des droits de l'homme. Interviewé par Nicolas Demorand, Edward Snowden a d’abord évoqué sa sécurité personnelle, en précisant qu'il allait bien. "Je prends le métro comme tout le monde", a-t-il ironisé dans un premier temps. Je suis en sécurité. Je continue de travailler aujourd'hui activement à la protection des données sur Internet et je suis en contact constant avec des activistes."

L'ancien consultant de la NSA a ensuite donné son point de vue sur les avancées en matière de protection des données privées. "Le problème n'est pas que le gouvernement veuille combattre le terrorisme, mais c'est d'inventer des systèmes d'espionnage pour toute la population et non pas pour des individus en particulier. Les systèmes de communication des terroristes ont d'ailleurs évolué depuis 2001, la surveillance de masse ne se justifie donc plus". 

"Orange fournit des données à la DGSE"

Interrogé sur la situation de la France, Edward Snowden a répondu qu'il ne disposait pas de "scoop". "Je n'ai pas accès à des informations secrètes. J'ai tout détruit, à part ce que j'ai donné aux journalistes. C'est maintenant le rôle de la presse. Mais la surveillance de masse a lieu dans tous les pays qui ont les moyens d'avoir des agences de renseignement. Il y a eu des rapports qui ont montré qu'Orange fournissait des informations à la DGSE", a-t-il déclaré, en faisant référence à l'enquête du journal Le Monde. "Est-ce que c'est juste ? Est-ce que c'est moral de violer les droits de la population ? On n'a pas répondu à cette question sérieuse en France", a-t-il poursuivi.

"Des choses bougent en Europe sur la "data" protection. Mais le plus important est d'avoir des standards internationaux, des règles mondiales sur ce qui est autorisé ou pas", a-t-il estimé. En juin dernier, l'ex-consultant de la NSA avait échangé avec plusieurs députés de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe au sujet d'un éventuel asile politique accordé en Europe. Plusieurs voix se sont en effet élevées en Europe et notamment en France, pour le remercier d'avoir dévoilé l'ampleur de la surveillance américaine dans le monde. En revanche, la France y est toujours formellement opposée, dans une logique de protection de ses relations avec la Maison Blanche.

Article rédigé par la rédaction d'iTELE