Serbie – Publié le 24 mars à 16:26 – Mis à jour le 24 mars 2016 à 19:00

Radovan Karadzic, le "boucher des Balkans", condamné à 40 ans de prison pour génocide

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Radovan Karadzic, le "boucher des Balkans", condamné à 40 ans de prison pour génocide

Vingt ans après le massacre de Srebrenica, qui scella le sort de l'ex-Yougoslavie, le Tribunal pénal international de La Haye (TPIY) a condamné Radovan Karadzic à 40 ans de prison. L'homme est reconnu coupable de 10 chefs d'accusation, dont celui de génocide et de crimes contre l'humanité.

"Radovan Karadzic, la cour vous condamne à 40 années de détention". Vingt ans après la fin de la guerre de Bosnie, le sort de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, surnommé le "Boucher des Balkans", vient d’être prononcé par les juges du Tribunal pénal international de La Haye (TPIY). 

Reconnu coupable pour dix chefs d'accusation 

A 70 ans, il est donc reconnu coupable de génocide et de neuf autres accusations de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, et jugé responsable du massacre de 8000 hommes et enfants musulmans de Bosnie en juillet 1995 à Srebrenica. Un massacre qui s'inscrivait selon eux dans le cadre d'un  "nettoyage ethnique" planifié par Karadzic, l'ex-président Slobodan Milosevic et le général Ratko Mladic après le démantèlement de la Yougoslavie. Il est également reconnu coupable de meurtres, viols, persécutions, traitements inhumains et transferts forcés pour le siège de Sarajevo qui coûta la vie à 10.000 personnes pendant 3 ans et demi.

"Chasser à jamais les Musulmans et Croates"

Il est le plus haut responsable politique a être jugé pour des crimes commis pendant la guerre de Bosnie, depuis la mort en 2006 de Slobodan Milosevic. Cette guerre avait fait, entre 1992 et 1995, plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés. Selon les juges, Radovan Karadzic voulait "chasser à jamais les Musulmans et Croates des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie." 

L’ancien président de la Republika Srpska (République serbe) a échappé à une accusation de génocide dans 7 municipalités de Bosnie, rejetée par les juges : "La chambre n'a pas été capable, sur la base des preuves présentées, d'identifier une intention de génocide de la part de l'accusé", a déclaré le juge O-Gon Kwon.

"Nul n'est au-dessus de la loi" 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein a qualifié jeudi d'"extrêmement important" le verdict prononcé contre Radovan Karadzic. Avant d’ajouter: "le message de ce procès est que nul n'est au-dessus de la loi".

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a évoqué: "un jour historique pour les peuples de la région et au-delà, ainsi que pour la justice internationale". Selon lui, la décision du Tribunal "envoie un signal fort à tous ceux qui sont en position de responsabilité, leur indiquant qu'on leur demandera des comptes pour leurs actes".

Le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie s’est lui aussi félicité de la condamnation de l’ex-chef de guerre : "justice a été rendue". Dans son communiqué, il affirme également: 

Des milliers de personnes sont venues ici raconter leurs expériences et courageusement confronter leurs persécuteurs. Avec cette condamnation, cette vérité a été respectée.

Radovan Karadzic devrait faire appel 

Radovan Karadzic avait affirmé au réseau d'informations diffusées dans les Balkans "BIRN" mercredi 23 mars qu'il avait "livré un combat permanent pour préserver la paix, prévenir la guerre et réduire les souffrances de tous les gens, indépendamment de leur religion". 

Après sa condamnation, son avocat Peter Robinson confirme que l'accusé est "déçu et étonné. Il pense qu'il a été condamné sur la base de déductions et va interjeter appel du jugement". Celui qui reste pour beaucoup de Serbes un "héros" de la guerre de Bosnie avait échappé à la justice internationale pendant près de 13 ans, sous une fausse identité et une apparence trompeuse, après les accords de Dayton qui mirent fin en 1995 au conflit et scindèrent la division de la Bosnie en deux entités : la République serbe et la fédération croato-musulmane.

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE (avec AFP) // Crédit photo : Yugoslav and Bosnian police