Sport – Publié le 11 janvier à 19:39 – Mis à jour le 11 janvier 2017 à 20:31

Bertrand Gille : "Je vois la France aller au bout"

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Bertrand Gille : "Je vois la France aller au bout"

Le 25ème Championnat du Monde de handball débute ce soir à 20h45. La France, pays organisateur affronte le Brésil à l’Accor Hotel Arena. C’est dans la peau d’un consultant pour beIN SPORTS que Bertrand Gille, ancien international français (268 sélections !) et deux fois champion du monde avec les Bleus aborde cette compétition.

  • Qu’est-ce qu’on peut attendre de ce Championnat du Monde en France ?

De l’enthousiasme. Et de la ferveur autour de ce sport qui ne cesse de grandir en popularité depuis plus de vingt ans. Et puis tout simplement il faut espérer voir du spectacle, des salles pleines et une très belle fête organisée autour du handball.

  • Qui seront les joueurs à suivre durant la compétition ?

Je vais naturellement vous parler des joueurs français car ce seront évidemment ceux sur qui les regards se porteront. En plus, ce sont les joueurs que je connais le mieux.
Pour certains comme Titi Omeyer ou Daniel Narcisse c’est habituel de faire partie des tauliers, des joueurs à suivre. Ils étaient déjà présents il y a seize ans sur le parquet de Bercy. Rien que pour ce petit clin d’œil ça parait intéressant de suivre leur tournoi.
Evidemment je ne parle pas de Nikola Karabatic ou de Luc Abalo car ils feront partie à coup sûr des stars du tournoi.

Ensuite, je pense qu’il sera intéressant de s’attarder sur les jeunes de l’équipe de France. Ludovic Fabregas, par exemple, a été très bon aux dernier JO. Il faudra voir comment il a évolué. Timothey N'Guessan sera également à suivre pour voir s’il a gagné en maturité et s’il est capable de continuer à grandir au sein de cette équipe de France. 

  • Et du côté des joueurs étrangers ?

Je vais évidement citer un nom que tout le monde connait : Mikkel Hansen. Il a été stratosphérique aux Jeux de Rio et il peut très bien faire un Championnat du Monde du même niveau.

J'ai l'impression que tout le monde voit la France facilement championne
  • La France, avec son statut de tenante du titre est-elle l’immense favorite de la compétition ?

J’ai l’impression que tout le monde attend la France et la voit facilement remporter son sixième titre de championne du monde. Elle est chez elle, tenante du titre, elle a tout pour le faire. Si je ne doute pas de sa capacité à le faire, ce ne sera pas aussi simple que l’on peut le croire. Ça peut même être particulièrement compliqué.

Les Danois, tenant du titre olympique, les Espagnols revanchard après leur absence aux JO ou même les Croates avec une nouvelle génération seront de sérieux concurrents pour les Bleus.

  • Le fait de jouer la compétition à domicile ne sera-t-il pas un poids supplémentaire sur les épaules des joueurs français ?

On a remarqué que sur certaines compétitions, jouer à domicile pouvait être un avantage. Par exemple, l’année dernière, le Brésil avait réussi un parcours tout à fait honorable (quart de finaliste). Le Qatar aussi il y a deux ans en atteignant la finale du tournoi.
En revanche, quand on regarde dans l’histoire, les pays organisateurs des championnats du monde sont que très rarement lauréats du tournoi à la fin.

Sur les dix derniers championnats du monde seulement trois pays organisateurs sont parvenus à remporter l’épreuve (Espagne 2013, Allemagne 2007 et France 2001). On voit bien que ce n’est pas un gage de réussite d’organiser la compétition à domicile.

  • Vous avez vécu en 2001 une compétition à domicile, comment cela s’était-il passé ?

Paradoxalement, j’ai réalisé ce qui se passait et ce que j’étais en train de vivre que plus tard. C’était au début de ma carrière avec les Bleus, c’est arrivé très tôt pour moi, je n’ai pas vraiment réalisé. Je ne me rendais pas compte à ce moment-là.
Dans une compétition comme celle-là on vit quand même pendant presque un mois en vase clos, on est dans sa bulle. On a du mal à réaliser ce qui se passe autour, on a un peu la tête dans le guidon.

  • Vous sentiez l’engouement du public derrière vous ?

Oui même si encore une fois c’est compliqué de s’en rendre vraiment compte. On avait une vision centrée sur les matchs de la France mais ce n’était pas la seule équipe de la compétition. En tout cas, au cours de nos matchs il y avait une ambiance de folie, on a été soutenus comme jamais on ne l’avait été.

  • Pensez-vous qu’aujourd’hui, du fait que le handball soit d’avantage médiatisé, l’engouement autour des Bleus sera plus important qu’en 2001 ?

Oui forcément. Ce sport n'a cessé de grandir pendant ces 16 années. Un beau parcours des Bleus alimenterait certainement l’engouement derrière l’équipe et plus généralement derrière ce sport en France.
Il faut bien se rendre compte qu’en 2001, après la compétition on dépassait la barre des 300 000 licenciés en France. Aujourd’hui on est en passe de dépasser celle des 600 000.

  • Vous pouvez nous parler de la finale de 2001 contre la Suède qui s’est terminée en prolongation ? Quel souvenir en gardez-vous ?

J’en garde un souvenir particulier. Je n’ai jamais revu la finale. C’était un match très âpre car les Suédois en 2001 étaient vraiment très fort. Ils étaient en fin de règne en quelque sorte mais ils faisaient preuve d’une régularité métronomique sur les précédentes compétitions. Ce soir-là je pense qu’ils étaient meilleurs que nous.
Mais malgré tout ça, on est parvenus à s’accrocher durant toute la partie.

  • Vous arrachez la prolongation dans les derniers instants.

Oui, sur un fait de jeu vraiment fou. C’est Greg Anquetil qui prend le ballon et qui marque un but venu d’ailleurs à la dernière seconde du temps réglementaire. Il y avait vraiment que lui pour mettre un but comme ça à ce moment-là du match.

  • Comment se passe ensuite la prolongation ?

On a réussi grâce à notre envie et à notre détermination à faire basculer la rencontre en notre faveur. En même temps les Suédois ont un peu perdu le fil du match.

  • C’était votre premier grand titre avec l’équipe de France, quel sentiment prédomine ?

Après le sacre on ressent des sentiments un peu étranges. Tout le monde te dit que tu es le plus fort, le plus beau, que ce que tu viens de faire est formidable... Et à ce moment-là tu as très envie de croire toutes ces personnes-là, ça te fait du bien. Tu te laisses bercer par cette douce euphorie.

  • Ce sacre est un soulagement pour le groupe ?

Oui complètement. On se dit avec les copains : "On l’a fait". On va pouvoir profiter ensemble, lever un peu le pied et fêter dignement cette victoire.

  • Pour revenir sur la compétition qui débute ce soir, vous avez encore certainement des contacts au sein du groupe France, comment se sont-ils préparés?

La préparation a comme d’habitude été très courte mais les garçons sont habitués à ça. De plus, beaucoup de joueurs sont arrivés dans le groupe avec énormément de handball dans les jambes. Ils ont été très sollicités par leur club depuis le début de saison.
La première partie de la préparation a été tournée vers la récupération pour faire en sorte de d'avoir des organismes en ordre de marche.

Ensuite je pense que l’équipe de France s’est beaucoup préparée à l’évolution des règles qui vont prendre effet pour ce Championnat du Monde. Les connaissant, ils ont beaucoup travaillé là-dessus pour ne pas être pris au dépourvu.

  • Comment aborder un match d’ouverture, qui plus est quand il est à la maison ? On sait que c’est toujours un peu particulier.

Il ne faut pas trop se poser de questions, rester concentré, appliqué et s’imaginer surtout que chaque moment de la compétition compte pour la suite. Tout se construit progressivement, au fur et à mesure.

  • Faut-il se méfier du Brésil ce soir ?

Ils ont une équipe qui tient la route, pas excessivement forte mais avec de bons joueurs. Les derniers JO leur ont fait du bien, ils ont acquis une certaine expérience collective. Ils ont aussi l’insouciance peu académique des "petits" pays de handball.
Il faut donc se méfier de cette équipe mais pas de quoi avoir la tremblote pendant le match.

  • Comment voyez-vous le parcours des Bleus ?

Je pense qu’ils vont gagner la compétition. Ça va être dur et compliqué mais je les vois aller au bout en jouant l’Allemagne en finale par exemple.

  • Qu’est-ce que ça vous fait de vivre votre première grande compétition en tant que consultant ? Il n’y a pas une certaine frustration de ne plus être sur le terrain ?

Pas du tout, j’ai eu la chance de vivre pleins de matchs de haut niveau dans ma carrière. Je suis aujourd’hui complètement apaisé sur ma vie d’ancien sportif de haut niveau. Et épanoui dans ma nouvelle activité. J’ai hâte de vivre la compétition dans la peau d’un consultant pour beIN SPORT. 

Comment suivre la compétition ?

beIN SPORTS est le diffuseur officiel de ce championnat du monde de handball en France. Avec 84 matchs au programme, les fans de handball pourront, du 11 au 29 janvier regarder l’ensemble des rencontres sur la chaîne payante. De son côté, TF1 diffusera les matchs des Bleus à partir des quarts de finale si la bande à Karabatic parvient jusqu’à ce stade de la compétition. La finale sera quant à elle diffusée sur TF1 si la France est de la partie, sur TMC dans le cas contraire.

@VincentGuiraud