Afrique – Publié le 17 mars à 15:20

Malawi : des drones pour accélérer le dépistage du VIH chez les enfants des zones rurales

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Malawi : des drones pour accélérer le dépistage du VIH chez les enfants des zones rurales

L’Unicef et le gouvernement Malawite tentent de mettre au point un nouveau programme permettant d’accélérer drastiquement le dépistage des enfants atteints du VIH.

Actuellement 10% du Malawi est infecté par le VIH, ce qui en fait un des pays avec le taux le plus élevé au monde. En 2013, environ 1 million de Malawites vivaient avec le VIH et 43.000 d’entre eux ont perdu la vie à cause de cette maladie la même année.

Les enfants ne sont pas épargnés par ce fléau. En 2014, 40.000 enfants sont nés de mères atteintes du VIH. La moitié d’entre eux n’a pas reçu de traitement assez rapidement et 10.000 sont décédés.

À la naissance, le dépistage chez les enfants doit être pratiqué très rapidement. Pour ce faire, des prélèvements sanguins sont effectués sur les enfants de mères porteuses du virus. Puis ils sont amenés à moto vers des laboratoires ultra-modernes. Le problème, c’est qu’il n’existe que huit de ces laboratoires à travers le Malawi et que le transport à moto s'avère souvent long et dangereux.

Mettre fin à l’isolement des enfants atteints du VIH

Pour ces raisons, l’Unicef et le gouvernent Malawite ont décidé de tester le transport de prélèvements sanguins par les airs. Avec l’aide de Matternet, une start-up américaine spécialisée dans les drones de transports, l’Unicef a mis au point un drone permettant de transporter plus d’un kilo de prélèvements sanguins.

Lundi 14 mars, le drone a effectué son premier long trajet entre une clinique de campagne et le laboratoire Hospitalier Central de Kamuzu à Lilongwe, la capitale du pays. Il a effectué les 10 kilomètres qui séparent les deux centres hospitaliers en moins de 20 minutes, alors que par la route, il faut 11 jours pour apporter des prélèvements sanguins d’une clinique vers un laboratoire. L’attente pour les résultats peut prendre au moins 8 semaines par la suite.

La rapidité du drone n’est pas son seul avantage. Comme ont pu le constater les travailleurs de l’UNICEF présents lors des tests, le drone est très simple d’utilisation ; il ne nécessite pas de pilote et il suffit de programmer le trajet et des points de passage dans une application dédiée. Les travailleurs humanitaires ou les médecins n'auront besoin que d’un téléphone et d’un signal GPS pour l’utiliser. Il suffira d’entrer un code sur le téléphone et le drone s’envolera vers sa destination. Le ministère malawite de la Défense a déjà mis en place des corridors de vol pour les drones à travers le pays.

"Cette innovation est une avancée majeure"

La représente de l’Unicef au Malawi, Mahimbo Mdoe, était présente lors des premiers tests du drone. Selon elle, une telle invention pourrait révolutionner la prise en charge du VIH en Afrique :

Cette innovation pourrait être une avancée majeure pour surmonter les problèmes de transports et de délais qu’affrontent tous les jours les travailleurs humanitaires dans les zones reculées du Malawi. Nous espérons que les drones pourront aussi permettre aux enfants, qui en ont besoin, de recevoir un traitement rapidement.

Le gouvernement Malawite a décidé de s'impliquer au côté de l’Unicef pour que ce projet voit le jour. Lors des tests, le ministre Malawite de la Santé, Peter Kumplane s'est montré enthousiaste. Il a dit croire en ce projet malgré le coût élevé de chaque drone (7.000 dollars l’unité). Grâce à cette innovation, il cherche à devenir un exemple pour le reste de l’Afrique :

Le Malawi a lancé un certain nombre d’innovations dans la livraison de services aux personnes atteintes du VIH. Nous croyons que les tests de drone, que nous faisons en partenariat avec l’Unicef, pourront nous permettre d’atteindre nos objectifs en terme de prévention et de traitement de VIH

Les tests sur ce drone vont continuer jusqu’au 18 mars afin de connaitre sa résistance dans des conditions climatiques extrêmes. S’ils s’avèrent concluants, l’expérience sera étendue à l’ensemble du pays dans les prochains mois.

Article rédigé par Antoine Llorca - Crédit photo : Unicef / Khonje