Syrie – Publié le 01 mars à 19:12 – Mis à jour le 01 mars 2015 à 19:55

L'opposition syrienne refuse le plan de paix de l'ONU

L'opposition syrienne refuse le plan de paix de l'ONU «
Play

Le Venezuela impose un visa aux Américai...

»
Play

Google pourrait faire son retour en Iran

L'opposition syrienne refuse le plan de paix de l'ONU

C'est un revers pour les Nations-Unies. Les forces de la Révolution, qui font du départ de Bachar al-Assad une condition indispensable, ont rejeté la proposition de gel des combats à Alep. Elles réclament un plan global.

Le médiateur de l'ONU pour la Syrie a essuyé ce dimanche un revers avec le rejet par l'opposition de sa proposition de gel des combats à Alep, tandis que le régime avance au sud et les Kurdes au nord.

Au moment où Staffan de Mistura quittait Damas avec en poche l'accord du régime à l'envoi d'une délégation à Alep (nord-ouest) pour, selon l'ONU, "y évaluer la situation, s'assurer de l'accroissement substantiel de l'aide humanitaire une fois la trêve annoncée et surveiller les violations éventuelles du cessez-le-feu", ses espoirs ont été douchés par l'opposition.

Dans un communiqué particulièrement sévère, la Commission des forces de la révolution à Alep a annoncé "son refus de rencontrer Staffan de Mistura si ce n'est pas sur la base d'une solution globale du drame syrien, qui passe par le départ de Bachar al-Assad et de son état-major et le jugement des criminels de guerre". Cette Commission a été constituée samedi 28 février à Kilis, localité turque frontalière de la Syrie, lors d'une réunion des opposants politiques et militaires et des membres de la société civile d'Alep, en présence du chef de l'opposition en exil Khaled Hoja.

L'opposition estime que les idées de Staffan de Mistura "ne sont pas à la hauteur d'une solution à la crise humanitaire de notre peuple, qui souffre de l'utilisation par le régime d'armes chimiques et de barils d'explosif bannis par la communauté internationale".

Nommé en juillet comme le troisième émissaire onusien depuis le début de la crise syrienne en 2011, l'émissaire de l'ONU avait choisi -à l'inverse de ses prédécesseurs- la diplomatie des petits pas. Il avait proposé un accord sur une trêve provisoire permettant l'entrée de l'aide humanitaire à Alep, l'ancienne capitale économique coupée en deux depuis juillet 2012 entre quartiers tenus par le régime à l'ouest et secteurs rebelles à l'est.

A l'issue d'une précédente mission début février, Staffan de Mistura avait indiqué que le président syrien Bachar al-Assad était prêt à suspendre les hostilités à Alep pendant six semaines.

Bachar al-Assad "faisait partie de la solution"

Mais l'opposition a été ulcérée par les récentes déclarations du médiateur, qui avait affirmé le 13 février à Vienne que le président syrien "faisait partie de la solution".

"Les idées et les déclarations de Staffan de Mistura vont à l'encontre des résolutions internationales déjà adoptées et qui stipule un pouvoir exécutif intérimaire avec des compétences complètes et le départ du régime d'Assad", dit le communiqué de l'opposition, faisant allusion à la déclaration de Genève de l'été 2012.

Alors que le gel localisé à Alep des combats est l'idée phare de Staffan de Mistura, qui voulait ensuite l'étendre à d'autres zones, l'opposition assure que "la Syrie et son peuple sont un et indivisible et que le sang de nos frères à Deraa (sud), dans la Ghouta (province de Damas) et à Homs (centre) (...) n'est pas moins important que notre sang à Alep".

Dans le nord du pays, les forces kurdes ont repris 296 des 350 villages autour de Kobané, dont s'étaient emparés en septembre les jihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La principale milice kurde, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), contrôle toute la région à l'ouest de Kobané jusqu'à l'Euphrate, sur la frontière syro-turque, mais les combats continuent à l'est et au sud, selon l'ONG.

Par ailleurs, 19 chrétiens assyriens originaires de Tall Korane (nord-est) ont été libérés par l'EI et ont rejoint l'archevêché dans la ville de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme, selon l'OSDH. Cette semaine, les jihadistes avaient enlevé 220 Assyriens dans cette province, où environ 5000 d'entre eux avaient pris la fuite devant les jihadistes.

Rédaction web iTELE avec AFP (Photo AFP)