Burqa – Publié le 13 janvier à 17:41 – Mis à jour le 13 janvier 2017 à 17:49

L'interdiction de la vente de la burqa au Maroc fait débat

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L'interdiction de la vente de la burqa au Maroc fait débat

Au Maroc, l'interdiction de la vente et de la fabrication de la burqa afghane a suscité des réactions partagées, mais aussi des interrogations sur l'application de cette mesure au niqab, voile intégral prisé des salafistes.

La majorité des Marocaines portent le hijab, un voile qui ne couvre que les cheveux. Dans leur pays, le port de la burqa reste un phénomène très marginal, voire inexistant.

Sur le site d'information marocain Le360, la romancière franco-marocaine Leila Slimani ne mâche pas ses mots, rappelant que ce vêtement est lié à des traditions rigoristes de l'islam notamment en Arabie saoudite, au Pakistan et en Afghanistan

La burqa n'est pas un vêtement comme les autres [mais un] instrument d'oppression, une atroce négation de la femme, une insulte à la moitié de l'humanité. [C'est] une insulte à toutes ces femmes combattantes, militantes, grâce auxquelles la femme marocaine est ce qu'elle est aujourd'hui. Interdire la burqa c'est entériner le fait que le Maroc a fait un autre choix de société, qu'il s'est engagé depuis l'indépendance dans un mouvement qui va vers toujours plus d'égalité entre les sexes.

Des raisons de sécurité évoquées

Pour l'ancienne ministre de la Femme, Nouzha Skalli, l'interdiction est "un pas important dans le combat contre l'extrémisme religieux". Selon la presse locale, le ministère de l'Intérieur a diffusé lundi à ses agents chargés des commerces dans les villes une circulaire en leur demandant de ne plus autoriser la confection et la commercialisation des burqas à compter de cette semaine. Si les autorités n'ont fait aucune annonce officielle, des responsables du ministère ont confirmé l'information -sous couvert d'anonymat- auprès de quelques médias, mettant en avant des raisons de sécurité pour expliquer cette décision.

Deux poids deux mesures ?

Un paradoxe subsiste néanmoins dans cette interdiction de la burqa : le niqab est-il concerné ? Relativement fréquent dans les milieux salafistes marocains, ce voile intégral ne laisse voir que les yeux, mais aucune loi marocaine n'interdit le port du voile islamique intégral dans les lieux publics. Qu'en est-il réellement ? L'AFP révèle que pour le site d'informations Yabiladi, le terme "burqa" mis en avant par les autorités sert "d'appellation générique pour l'ensemble des voiles intégraux". Selon le site Médias 24, des agents venus avertir les commerçants ont mentionné "tout ce qui couvre intégralement le visage".

Les salafistes expriment leur mécontentement

Amhed Elhayej, président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), a jugé cette décision "étrange" notamment "par la façon dont elle a été communiquée au grand public". Selon lui, il faut "préciser juridiquement qu'est-ce qu'une burqa". De son côté, le prédicateur salafiste Hammad Kabbadj a exprimé son incompréhension et sa colère.

[C'est] inacceptable (...) alors que le Maroc des droits de l'homme considère le port du maillot occidental sur les plages comme un droit intouchable.

Connu pour ses prêches virulents, Abou Naim, un autre prédicateur, a fustigé les "adorateurs de Satan qui veulent interdire le niqab" et qui ont "déclaré la guerre à Dieu !".

LC avec AFP (Crédit photo : Commons Wikimedia)