Monde – Publié le 10 janvier à 18:58 – Mis à jour le 11 janvier 2017 à 14:05

Le président Obama en dix dates importantes

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Ce soir à Chicago, une page de l’histoire politique américaine va se tourner. Barack Obama prononcera son dernier discours de président, dans la grande ville de l’Illinois, point de départ de son ascension politique. Retour sur les dates importantes de ses deux mandats successifs.

Sept ans, onze mois et vingt et un jours que Barack Obama est à la tête de la première puissance mondiale. Depuis sa victoire aux élections de novembre 2008, le natif d’Honolulu a marqué l’histoire politique de son pays. Et certainement un peu plus. De part des décisions internationales historiques, Obama aura laissé son empreinte sur le monde durant son « règne » de huit ans.

  • 20 janvier 2009 : Obama devient le premier président noir des États-Unis

Investi officiellement ce 20 janvier 2009, au lendemain du 80ème anniversaire de la naissance de Martin Luther King, l’élection d’Obama restera comme l’un des faits majeurs du 21ème siècle. Dans ce pays multiculturel où cohabitent des dizaines de nationalités différentes, l’élection d’un président afro-américain est considérée par beaucoup comme une date majeure de la nation américaine. Désigné le 27 août 2007 candidat démocrate à l’investiture présidentielle, Barack Obama est élu le 4 novembre 2008 assez largement avec 365 grands électeurs contre 173 pour le républicain John McCain.

Le 20 janvier de l’année suivante deux millions de personnes assistent à son investiture sur l’esplanade reliant le Capitole au Lincoln Memorial. Durant son discours, le nouveau président élu marque une nette rupture avec la politique menée durant huit ans par George W. Bush. Voulant remettre les Etats-Unis sur le devant de la scène, Barack Obama fait référence aux idéaux d’Abraham Lincoln, père fondateur de la nation américaine. "Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs et d’hindous - et d’athées" déclarera-t-il ce jour-là. Proposant également le retrait des troupes en Irak et en Afghanistan, la fermeture de la prison de Guantanamo et "une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuels" avec le monde musulman, une nouvelle page de l’histoire américaine s’ouvrait.

  • 17 février 2009 : son plan de relance de 787 milliards de dollars

Investi dans un contexte économique très particulier, Obama ne tarde pas à mettre en oeuvre ses projets. Épicentre de la crise des subprimes depuis juillet 2007, les Etats-Unis, par le biais de leur nouveau président, réagissent très fort. Ce 17 février 2009, Obama signe un plan de relance pharaonique de 787 milliards de dollars, promettant avec ce dernier de mettre fin à la crise traversée par son pays. Avec 500 milliards de dépenses et 287 milliards d’allègements fiscaux, le président souhaite redonner du travail aux actifs américains, assurant que son plan sauvera ou créera plus de 3.5 millions d’emplois. Résultat : de 7.6 % de chômeurs en 2009, on en comptera 5% six ans plus tard, le plus faible niveau depuis 2008. Ce plan de relance mis en place par l’administration Obama aura également un effet positif sur la croissance américaine qui s’établira à 3% en 2010.

  • 9 octobre 2009 : Obama reçoit le prix Nobel de la paix

Moins d’un an après son investiture, Barack Obama reçoit le prix Nobel de la paix "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples". Jugé prématuré par certaines personnalités comme le Polonais Lech Walesa, lauréat du même prix en 1983, ce Nobel met en avant la politique internationale menée par Obama depuis son arrivée à la tête de la première puissance mondiale.
Misant sur une approche plus consensuelle que son prédécesseur Bush, Barack Obama avait notamment présidé en septembre 2009 une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour entériner une résolution appelant les pays nucléarisés à démanteler leurs arsenaux.

  • 23 mars 2010 : mise en place de l’Obamacare

Réforme emblématique du premier mandat de Barack Obama, l’Obamacare est promulgué le 23 mars 2010 après d’intenses débats parlementaires. Mettant en place pour la première fois aux Etats-Unis une "assurance santé universelle", cette réforme ne peut en revanche pas encore être comparée à notre système de santé français. Ne créant pas d’assurance santé obligatoire à l’exception des enfants, ce système est en réalité une assurance où l’Etat américain subventionne les familles les plus modestes qui n’ont pas accès aux soins dans le secteur privé. Résultat : près de 20 millions de personnes supplémentaires ont aujourd’hui accès à une couverture santé.
Attaqué depuis le début par les Républicains qui le considère anti-constitutionnel, Donald Trump a promis de supprimer l’Obamacare, faisant même de cette abrogation l’une de ses promesses de campagne.

  • 2 mai 2011 : mort d’Oussama Ben Laden

Ce 2 mai 2011 représente peut être l’une des plus grandes victoires du président Obama. Ennemi public numéro un des Etats-Unis depuis les attaques du 11 septembre 2011, le leader d’al-Qaïda est annoncé mort par Barack Obama, tué dans sa résidence d’Abbottabad au Pakistan par un commando américain des Navy Seal. "Justice est faite" commentera le président après l’annonce.

Et les circonstances de la mort de Ben Laden ne cesseront de créer la polémique. Son corps récupéré dans la villa puis emmené à bord du porte-avions USS Carl Vinson sera lâché en mer. Malgré les annonces de haut responsable américain précisant que les procédures islamiques avaient été suivies pour le corps d’Oussama Ben Laden, de vives critiques seront émises par la communauté musulmane dans le monde.
Plus d’un an après l’annonce de sa mort, en septembre 2012 paraît l’ouvrage d’un ex-membre des forces spéciales ayant participé à l’assaut de la villa au Pakistan. Et contrairement à ce qui avait été annoncé dans la version officielle, le militaire déclare que Ben Laden a été abattu sans qu’il cherche à se défendre.

Malgré toute ces polémiques, l’annonce de sa mort arrivera au bon moment pour le candidat Obama qui se prépare a effectuer un deuxième mandat consécutif. Ainsi, il sera réélu président des Etats-Unis le 7 novembre 2012, devançant le républicain Mitt Romney.

  • 17 décembre 2014 : les Etats-Unis se rapprochent de Cuba

Cinquante-quatre ans que les Cubains attendaient ça. Depuis 1961 et l’opération de la baie des Cochons en pleine guerre froide, les relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba étaient rompues. Un embargo américain contre l’île avait même été mis en place, toujours en vigueur soixante ans plus tard. Après la libération réussie d’Alan Gross, un ancien contractuel américain de l’agence de développement USAID, retenu à Cuba depuis 2009, Obama s’adresse le 17 décembre 2015 aux cubains de manière spectaculaire : «Somos todos americanos», «Nous sommes tous Américains».

Cette main tendue à l’île des caraïbes sera rapidement suivie d’actions concrètes. Ainsi, la Maison-Blanche adoucira l’embargo, levant certaines restrictions qui pesaient sur les relations commerciales et les voyages entre les deux pays. 
Cependant, la levée totale de l’embargo dépendra à présent du Congrès américain. A majorité républicaine cela semble aujourd’hui peu probable.

  • 14 juillet 2015 : accord sur le nucléaire iranien

Grâce à cet accord, c’est la géopolitique mondiale qui est bouleversée. Mettant fin au blocus international qui plombait l’économie iranienne depuis presque quinze ans, un accord est finalement signé le 14 juillet 2015 après des années de négociations infructueuses. Avec la mort d’Oussama Ben Laden citée plus haut, c’est l’une des grandes victoires de la politique étrangère de l’administration Obama. Signé à Vienne entre l’Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, cet accord garanti la nature pacifique du programme nucléaire de Téhéran. Il ouvre également la voie à une régularisation des relations économiques politiques et diplomatiques entre Téhéran et la communauté internationale.
Pesant de tout son poids pour la signature de l’accord, Barack Obama parviendra ensuite à réunir 42 sénateurs démocrates, empêchant la majorité républicaine au Sénat de bloquer le texte.

  • 9 juin 2016 : Barack Obama s’engage officiellement derrière Hillary Clinton

Le 9 juin dernier a marqué un tournant dans la campagne électorale américaine pour succéder au président Obama. Longtemps resté à l’écart des tractations autour de la présidentielle américaine, Barack Obama s’est ce jour là officiellement engagé derrière la candidate démocrate Hillary Clinton. Plus que de soutenir la candidate, son engagement est perçu pour beaucoup comme un engagement contre Donald Trump et pour permettre aux démocrates de garder la main sur le pays. Dans un message vidéo il déclara ce jour-là "qu’il y avait jamais eu de personne plus qualifiée pour exercer cette fonction." Voulant profiter d’un léger regain de popularité, Obama, en apportant si franchement son soutien, voulait être en mesure de peser sur la campagne électorale.

8 novembre 2016 : Donald Trump remporte les élections

Alors que les derniers sondages donnaient la candidate démocrate vainqueur de l’élection, à la surprise presque générale, c’est bien Donald Trump, l’ancienne star de télé réalité qui est élu pour prendre la succession de Barack Obama.  Trump remporte l’élection avec 304 grands électeurs contre 227 pour Hillary Clinton. Cette défaite démocrate est considérée par beaucoup d’observateur comme la dernière de la présidence Obama.

  • 10 janvier 2017 : son dernier discours

Ce soir (à trois heures du matin heure française), Barack Obama dira au revoir à la politique américaine. Accompagné de sa femme Michelle et du vice-président Joe Biden, Barack Obama prendra la parole depuis le centre de conférence McCormick Place à Chicago. Et la grande ville de l’Illinois n’a pas été choisie par hasard. C’est ici qu’il avait pris la parole au soir de sa victoire de 2008, comme lors de sa réélection en 2012. Son dernier discours en tant que président des Etats-Unis ne devrait pas être un discours anti-Trump comme beaucoup l’attendent. Le 2 janvier dernier il avait d’ailleurs publié un petit texte laissant deviner le contenu de son discours : "Le mardi 10 janvier, je rentrerai chez moi à Chicago pour vous faire mes adieux et vous exprimer ma reconnaissance. Je le vois comme une chance de vous remercier pour cette extraordinaire aventure, de célébrer la façon dont vous avez changé ce pays pour le meilleur au cours des huit années écoulées et de livrer quelques réflexions sur notre avenir.
S’il reviendra certainement sur son parcours, il présentera également sa vision pour "l’avenir de l’Amérique". Avant que Donald Trump ne prenne officiellement ses fonctions le 20 janvier prochain. 

Vincent Guiraud