Monde – Publié le 13 octobre à 23:38 – Mis à jour le 14 octobre 2014 à 16:28

Le Parlement britannique reconnait l'Etat de Palestine, symboliquement

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Le Parlement britannique reconnait l'Etat de Palestine, symboliquement

Les députés britanniques se sont massivement prononcés lundi soir en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien dans un vote non contraignant qui ne devrait pas infléchir la position du gouvernement sur le sujet.

Les parlementaires britanniques ont adopté lundi soir par 274 voix contre 12 une motion appelant le gouvernement britannique à "reconnaître un Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël".

Un pas important "en direction de la justice et de la paix" pour la Palestine

"Notre droit à l'autodétermination n'est pas un objet de négociations", a déclaré dans un communiqué au nom de l'Autorité palestinienne Hanan Ashrawi, rejetant ainsi l'objection israélienne selon laquelle une telle reconnaissance doit passer par des négociations avec Israël.

"La reconnaissance de la Palestine ne dépend pas de l'issue de négociations avec Israël et ne fera l'objet d'aucune transaction de notre part; une telle prétention n'est pas seulement injuste, elle est immorale", a affirmé Mme Ashrawi, membre du Comité exécutif de l'OLP, qui chapeaute l'Autorité palestinienne.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a vu dans le vote un "évènement historique" corrigeant "une injustice historique" commise par les Britanniques: la déclaration Balfour de 1917, du nom du secrétaire au Foreign Office Arthur James Balfour.

La déclaration Balfour affirmait le soutien du gouvernement britannique à la création d'un foyer national pour les juifs en Palestine. Elle est un document capital dans l'histoire de la création d'Israël en Palestine.

A présent, "la Palestine attend du gouvernement britannique qu'il reconnaisse l'Etat de Palestine", a dit M. Malki dans un communiqué.

Pour l'organisation islamiste radicale Hamas également, le vote du Parlement britannique revient à condamner "l'erreur historique commise par la Grande-Bretagne contre le peuple palestinien", a déclaré un porte-parole du mouvement, Sami Abou Zouhri.

"Ce vote symbolique constitue un signe important du changement d'attitude de la communauté internationale vis-à-vis des crimes commis par l'occupant (Israël), mais cela reste symbolique", a-t-il dit.

L'ambassadeur de Grande-Bretagne en Israël, Matthew Gould, a rappelé que le vote du Parlement n'engageait pas le gouvernement britannique, mais a ajouté qu'il traduisait "une évolution de l'opinion publique au Royaume-Uni et au-delà".

La guerre dans la bande de Gaza cet été "a eu un gros impact sur l'opinion publique britannique et a affecté la position d'Israël", a-t-il déclaré sur la radio publique israélienne.

Un vote qui "nuit aux chances de paix" selon Israël

Israël a estimé mardi que le vote du Parlement britannique en faveur d'une reconnaissance de l'Etat de Palestine nuisait à la recherche de la paix.

"Une reconnaissance internationale prématurée envoie aux dirigeants palestiniens le message alarmant qu'ils peuvent se soustraire aux choix difficiles que les deux parties ont à faire, et sape les chances d'atteindre une paix véritable", dit un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères.

La France reconnaîtra l'Etat palestinien "le moment voulu"

La France reconnaîtra l'Etat palestinien "le moment venu", mais cette décision doit être "utile à la paix" et non pas seulement "symbolique", a déclaré mardi le chef de la diplomatie Laurent Fabius, au lendemain d'un vote du parlement britannique en faveur de cette reconnaissance.

"A partir du moment où nous disons qu'il faut qu'il y ait deux Etats (israélien et palestinien), il y aura nécessairement une reconnaissance de l'Etat palestinien, cela va de soi, c'est logique", a déclaré M. Fabius devant les députés.

"La seule question c'est quelles sont les modalités et comment pour être le plus efficace possible. Ce que nous voulons, c'est non pas une question symbolique, c'est être utiles à la paix", a-t-il poursuivi, répétant que "le moment venu il y aura bien une reconnaissance de l'Etat palestinien".

Pour la première fois, M. Fabius a apporté un peu plus de précisions sur ce "moment venu": "Jusqu'à présent l'idée qui a prévalu c'est que la reconnaissance devait être liée à la négociation. A partir du moment où la négociation serait impossible ou n'aurait pas de conclusion, il faudrait évidemment que la France prenne ses responsabilités", a-t-il indiqué.

Des négociations israélo-palestiniennes menées pendant neuf mois sous l'égide du secrétaire d'Etat américain John Kerry ont échoué en avril dernier, et ne semblent pas devoir reprendre à court terme.

Les députés britanniques se sont symboliquement prononcés lundi soir pour la reconnaissance d'un Etat palestinien dans une motion appelant leur gouvernement à en faire de même, mais le vote était non contraignant.

Il y a dix jours, la Suède a annoncé sa décision de reconnaître officiellement la Palestine, une décision dénoncée par Israël et les Etats-Unis.

Quelque 134 pays dans le monde ont reconnu la Palestine, selon l'Autorité palestinienne, mais, au sein de l'Union européenne, aucun des pays susceptibles de peser sur le dossier n'a franchi ce pas.

Michael Jovanovic (@digi__mike)