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Attentats de Paris – Publié le 15 février à 19:40 – Mis à jour le 15 février 2016 à 22:51

Jesse Hughes "Une responsabilité sacrée pour moi de terminer ce concert"

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Trois mois après les attentats qui ont touché la capitale parisienne au coeur, les Eagles of Death Metal reviennent à Paris et se produiront à l'Olympia ce mardi soir. A cette occasion, Jesse Hughes, leader du groupe, nous a accordé une interview exclusive. Il se confie à Laurence Ferrari.

A la veille du premier concert du groupe de rock à Paris depuis les attentats du 13 novembre, le chanteur se décrit comme “une boule de nerfs”. Il se dit pourtant “ravi d’être de retour” à Paris. 

Il y a eu énormément de soutiens à notre égard, je suis extrêmement ému, je ne veux décevoir personne.

Ne pas rejouer rapidement à Paris lui semblait tout bonnement inimaginable: “Je ne peux pas laisser les méchants l’emporter, nous devons terminer ce concert pour nous, pour tous ceux qui étaient au Bataclan”.

Le groupe américain avait appelé toutes les personnes présentes le soir du drame à se joindre à eux pour ce concert retour, très fort symboliquement. Cela étant, le leader d’Eagles of Death Metal comprend ceux qui n’auront pas la force de se déplacer ce mardi.

On pourrait facilement comprendre s’ils ne voulaient plus jamais venir à nos concerts. (...) J’espère que nos fans savent que je les aime, dès qu’ils seront prêts à revenir, je serai là. J’espère qu’ils reviendront.

Pourtant, trois mois après les attentats, Jesse Hughes reste lui aussi désemparé face à la violence des événements. Très ému, hagard, il répète à plusieurs reprises: “Je ne sais pas réellement ce que je suis censé faire”. “Je sais que tous ces jeunes me regardent, attendent que je leur montre le chemin, mais je ne veux réellement pas me planter”. Le chanteur dit n’avoir “pas fait de cauchemars”, mais que c’est un “cauchemar éveillé” depuis ce concert au Bataclan. “Depuis ce moment-là que je vois des choses”, confie-t-il la gorge nouée.

"Plus de répères"

Comme tous ceux touchés à Paris ou à Saint Denis, le chanteur cherche à aller de l’avant, mais cela n’est pas facile. “Je pensais qu’en parler améliorerait les choses, que ce serait un moyen de le faire ressortir de mon corps, mais ce n’est pas ce qui se produit. Je n’ai plus de repères, j’aimerais que cette émotion disparaisse”, confesse le guitariste.

Pour le musicien, il est clair que la salle de spectacle a été visée par les djihadistes car les propriétaires sont de confession juive. “Le Bataclan a été ciblé pour la simple raison qu’il y a des personnes juives qui y travaillent”, affirme l’homme âgé de 43 ans. Cependant, Jesse Hughes ne veut pas réduire cette attaque à un acte antisémite. “De par mon éducation, une attaque sur une personne est une attaque sur tout le monde, ces enfoirés n’en ont rien à faire de qui que ce soit”, assène-t-il.

"Les Français ont été incroyables"

Jesse Hughes loue à plusieurs reprises la résilience des Français après les attentats du mois de novembre. “Les Français ont été incroyables, incroyablement forts, déterminés. Ils sont tenaces comme personne”, raconte le musicien américain.

On m’a dit il y a quelques jours que nous étions très courageux de revenir à Paris. J'ai répondu que ce qui était courageux, c’était de continuer à prendre le métro, de marcher dans la rue, d’aller à un concert.

Le 13 novembre leur concert avait été interrompu par les tirs de kalachnikov alors qu’ils jouaient la chanson “Kiss the devil”. “Nous ne l’avons pas encore rejouée, je voulais cette chanson en premier dès notre retour, mais le moment n’est pas le bon”, estime le chanteur.

"Il faut mettre la politique de côté"

Le prochain objectif d’Eagles of Death Metal ? Jouer dès que le Bataclan rouvrira à nouveau ses portes. 

Nous devons être le premier groupe à rejouer au Bataclan, il le faut. Même s’il est difficile de trouver du sens dans cette situation, de voir la volonté de Dieu dans un tel événement. C’est une responsabilité sacrée pour moi de terminer ce concert, nous devons nous amuser, afin que nous puissions laisser ces horreurs derrière nous et qu’elles ne nous suivent plus pour le reste de notre vie.

Jesse Hughes, fervent supporter du port des armes estime qu’il faut dissocier ce débat politique des attentats du 13 novembre. “Le contrôle des armes n’a rien à voir avec cela. Est-ce que ces contrôles ont empêché ces attaques ? Non. Tout ce qui a permis d’arrêter cette attaque, ce sont des personnes courageuses qui se sont jeté sur les terroristes”, explique-t-il. Il reste, encore aujourd’hui, un défenseur du droit à l’auto-défense. “Tant que tout le monde n’a pas d’armes à feu, il faut que tout le monde en ait une”, ajoute-t-il avant de rappeler qu’il “souhaite que l’on laisse la politique de côté”. Au moins, pendant le temps d’un concert.

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE
Sujet réalisé par Laurence Ferrari