Monde – Publié le 12 janvier à 19:36 – Mis à jour le 12 janvier 2017 à 19:44

Fiat-Chrysler accusé d'avoir truqué 104.000 moteurs diesel

Fiat-Chrysler accusé d'avoir truqué 104.000 moteurs diesel «
Play

Anne Hidalgo dénonce "l'immense gâchis d...

»
Play

Primaire de la gauche : le débat des jeu...

Fiat-Chrysler accusé d'avoir truqué 104.000 moteurs diesel

Les autorités américaines accusent le constructeur automobile d’avoir truqué les moteurs de ses véhicules diesel aux Etats-Unis pour minimiser le niveau réel des émissions polluantes. Une affaire qui rappelle celle de Volkswagen.

Nouveau dieselgate de l’autre côté de l’Atlantique. Après l’affaire Volkswagen qui avait touché le constructeur allemand au mois de septembre 2015, les autorités américaines ont épinglé un nouveau géant de l’industrie automobile. 

Fiat Chrysler (FCA) est accusé d’avoir installé sur plus de 100 000 de ses moteurs un logiciel truqueur faussant les résultats des tests des émissions polluantes. "Une fois encore, un grand constructeur automobile a pris la décision commerciale de contourner les règles et s'est fait attraper", a affirmé à l’AFP la patronne de l'agence californienne de l'environnement (Carb), Mary Nichols.

La Jeep Cherokee et la Dodge Ram concernées

Le groupe américano-italien aurait installé le logiciel sur deux de ses modèles (Jeep Cherokee et Dodge Ram 500) fabriqués entre 2014 et 2016 sans en informer les autorités compétentes. En septembre 2015, dans la foulée du scandale Volkswagen, l'agence fédéral EPA (Environmental Protection Agency) avait procédé à de nouveaux tests montrant que les modèles en question rejetaient dans l'air des niveaux "accrus" d'oxydes d'azote (NOx), des gaz tenus pour responsables de nombreuses affections respiratoires.

"Le fait de dissimuler un logiciel qui affecte les émissions dans un moteur constitue une grave violation de la loi qui peut se traduire par une pollution néfaste de l'air que l'on respire", a commenté Cynthia Giles, l'une des responsables de l'EPA. L’agence a également indiqué que le groupe automobile encourait des "pénalités civiles" si l’information était vérifiée.

Premier dossier chaud pour Donald Trump

De son côté, Fiat Chrysler Automobiles a aussitôt rejeté ces accusations en assurant respecter les "conditions requises" et en niant toute tricherie : "FCA US attend avec impatience de démontrer (...) que sa stratégie de contrôle des émissions est correctement justifiée et ne s'apparente donc pas à un logiciel truqueur".

Ce dossier pourrait être l’un des premiers dossiers chauds que le nouveau président élu Donald Trump aura sur son bureau. FCA avait obtenu le soutien de Donald Trump il y a quelques semaines en annonçant vouloir annuler la construction d’une usine de 1.6 milliards de dollars au Mexique pour investir aux Etats-Unis et y créer 700 emplois. Dans son communiqué, le groupe automobile, qui avait été sauvé de la faillite en 2009, prend soin de répéter qu'il a hâte de s'expliquer auprès de la "future administration" américaine, qui s'apprête à entrer en fonctions le 20 janvier.

Cette nouvelle affaire survient au lendemain d'une nouvelle étape cruciale dans le scandale du dieselgate impliquant le constructeur Volkswagen, qui avait reconnu en 2015 avoir équipé 600.000 véhicules aux Etats-Unis d'un logiciel truqueur faussant le niveau d'émission de gaz nocifs lors des contrôles de pollution.

Mercredi, le géant allemand a d’ailleurs plaidé coupable de "conspiration" et d'"obstruction à la justice" et a accepté de verser 4,3 milliards de dollars de pénalités, portant l'addition totale du scandale à près de 22 milliards de dollars sur les seuls Etats-Unis.

VG avec AFP