Union européenne – Publié le 10 décembre à 15:21 – Mis à jour le 10 décembre 2015 à 20:23

Deux fois plus de demandeurs d’asile en Europe cet été, peu en France

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Deux fois plus de demandeurs d’asile en Europe cet été, peu en France

Le nombre de demandeurs d’asile a presque doublé cet été dans l'Union européenne par rapport au printemps dernier. Alors que l’Allemagne enregistre plus d’un quart des demandes, une minorité de migrants (4,3%) ont souhaité rejoindre la France.

Ils viennent majoritairement de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak. Entre juillet et septembre 2015, près de 415.000 migrants ont introduit une demande de protection internationale au sein des Etats membres de l’Union européenne (UE), selon l’office européen des statistiques  Eurostat, qui a publié une étude ce jeudi. Un nombre presque deux fois plus élevé qu’au printemps dernier. 

Près d'un demandeur d'asile sur deux dans l'Union européenne est d'origine syrienne ou afghane (source Eurostat)

Deux pays sont en première ligne: l’Allemagne et la Hongrie, qui enregistrent plus de la moitié des demandes (108.000, soit 26% chacun). Vient ensuite la Suède (42.500, soit 10,3%). Pour Matthieu Tardis, spécialiste des questions d'asile à l'Institut français des relations internationales (IFRI), les cas de l'Allemagne et de la Suède sont radicalement différents de celui de la Hongrie :  

L’immense majorité des migrants demandant asile à la Hongrie quittent ce pays très rapidement alors qu’ils ont tendance à s’installer en Allemagne et en Suède, où les conditions d’accueil et les perspectives d’avenir sont bien meilleures.

La "mauvaise image" de la France

À l’inverse, à peine plus de 4% des migrants (17 000) ont sollicité la protection de la France. Selon le chercheur, ce chiffre résulte de plusieurs facteurs:  

Les difficultés françaises en terme d’accueil n’incitent pas les migrants à se rendre dans notre pays. Venir en France signifie pour eux un risque de dormir dans la rue. Ajoutez à cela la mauvaise image d’une économie malade et, pour certains, l’impression que la France n’aime pas les musulmans…

Le 8 décembre,  une étude du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur le profil des réfugiés syriens arrivés en Grèce confirmait cette mauvaise image renvoyée par la France. Elle révélait notamment qu’à peine 0,4% des personnes interrogées souhaitaient rejoindre l’Hexagone.

Une hausse des demandes attendue

Eurostat prévient que le nombre de demandeurs d’asile devrait encore croître ces prochains mois car 800.000 demandes étaient en cours d’examen fin septembre. Là encore, elles concernaient en grande majorité l’Allemagne (45% du total de l’UE), la Hongrie (13%) et la Suède (11%). "Néanmoins, la situation est en train d’évoluer, explique Matthieu Tardis. Si l’Allemagne et la Suède restent privilégiés, les migrants commencent à se répartir sur d’autres pays, notamment ceux du Benelux."

Article rédigé par Raphaël Badache (@RaphaelBadache) - Photo Csaba Segesvari / AFP