Centrafrique – Publié le 07 mars à 22:45 – Mis à jour le 07 mars 2016 à 22:49

Centrafrique : au moins 10 morts suite aux violences de groupes armés

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Centrafrique : au moins 10 morts suite aux violences de groupes armés

Le conflit inter-religieux opposant des milices chrétiennes et musulmanes a repris ces derniers jours à Bambari, dans l'Est de la Centrafrique, après le meurtre non élucidé de deux musulmans. Les heurts ont causé la mort d'au moins dix personnes.

Les combats reprennent en Centrafrique. Ces derniers jours, au moins dix personnes, principalement des civils, ont été tuées dans la région de Bambari, selon une source de la gendarmerie locale. Ce conflit oppose des anti-balaka, milices chrétiennes et animistes, et des peuls armés soutenus par d'ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans.

Un calme "précaire"

Des heurts ont éclaté le 2 mars entre ces deux groupes armés, après l'assassinat de deux jeunes musulmans, a expliqué cette même source:

Les musulmans se sont alors lancés dans des représailles pour venger leurs frères (...) On dénombre à présent dix personnes tuées, y compris les deux jeunes musulmans dont l'assassinat a servi de détonateur.

Ce lundi, un calme "précaire" est revenu à Bambari mais la ville continuait d'accueillir de nombreux habitants des villages voisins et de la brousse "où de violents affrontements ont eu lieu" ces derniers jours.

Un conflit inter-religieux qui perdure

Retour sur les origines du conflit. La Séléka - "alliance" en sango - a été créée en 2012 par plusieurs mouvements du Nord opposés au président François Bozizé. Cet homme est arrivé au pouvoir en 2003 suite à un coup d'Etat mais il n'a jamais réussi à étendre son autorité au Nord du pays. Sa réélection en 2011 est fortement contestée et, malgré la signature d'un accord de paix en 2013, la Séléka s'empare du pouvoir. Cette même année, la coalition est dissoute et Michel Djotodia s'autoproclame président.

Mais dans ce pays majoritairement catholique, les violences intercommunautaires persistent. Des massacres à grande échelle poussent des centaines de milliers de personnes à fuir leur domicile. Bambari, ville minière de l'Est du pays, n'échappe pas au conflit. L'une des principales factions de l'ex-Séléka s'y installe et mène d'important combats qui causent des centaines de morts. L'ONU et la France décident d'intervenir à travers les forces Minusca et Sangaris. 10.000 casques bleus et 900 soldats français sont déployés. Un accord de cessation des hostilités entre anti-balaka et ex-séléka a été signé en janvier 2015 sous l'égide de la force onusienne.

La semaine dernière, les Centrafricains ont élu un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra. Il a la lourde tâche de recréer l'unité du pays.

Rédaction web d'iTELE avec AFP - Photo: Pacome Pabandji / AFP - Des miliciens chrétiens anti-balaka s'entraînent près de Bambari, en mai 2015