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Par la rédaction web iTELE – Publié le 13 mai à 19:10 – Mis à jour le 11 janvier 2017 à 10:01

Burundi ► L'ONU présente un rapport accablant sur les tortures et les exécutions

Fin avril 2015, des manifestations ont eu lieu au Burundi pour protester contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Finalement réélu le 21 juillet 2015, après une tentative de coup d'Etat par l'ancien chef d'état-major des armées, le pays est dès lors en proie à une sanglante crise politique.

La capitale burundaise, Bujumbura, est fréquemment la cible d'attaques de groupes armés opposés aux autorités. Des attaques qui touchent régulièrement les civils et ont poussé au moins 220 000 personnes à quitter le pays. 

De son côté, l'ONU a affirmé en janvier avoir des éléments pour confirmer des massacres ethniques, l'existence de charniers et des cas de viols collectifs. L'Union africaine, l'Union européenne et l'ONU, entre risque d'ingérence et de déstabilisation de la région, peinent à trouver une solution unanime.

Dans ce contexte, un dialogue de sortie de crise tente d'être relancé à Arusha, en Tanzanie. Organisés par l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, nommé facilitateur par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est, ces pourparlers doivent réunir pendant trois jours des représentants du gouvernement, des partis politiques, des confessions religieuses et de la société civile du Burundi.

Néanmoins, le gouvernement du président Pierre Nkurunziza a, jusqu'à présent, refusé de discuter avec ces responsables, qu'il accuse d'être derrière la tentative de putsch de mai 2015 et les violences actuelles.

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    L'ONU craint un "génocide" et de possibles "crimes contre l'humanité"

    Le gouvernement du Burundi est responsable de graves violations des droits, systématiques et constantes, a conclu mardi une mission d'enquête de l'ONU, mettant en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité" et un "grand danger de génocide".

    "Les experts ont constaté que des violations graves des droits de l'Homme ont été et sont commises principalement par des agents de l'Etat et ceux qui sont liés à eux", ont indiqué les trois enquêteurs dans un rapport, déplorant l'approche du gouvernement qui consiste "à nier automatiquement et en quasi-totalité" ces allégations.

    "Ces violations graves sont systématiques et constantes et l'impunité est omniprésente", déplorent-ils, relevant que "le danger du crime de génocide est grand".

    Ils affirment ne pas pouvoir exclure que certaines de ces violations graves des droits de l'Homme constituent des crimes contre l'humanité, et demandent des procédures judiciaires internationales indépendantes pour traduire les auteurs présumés en justice.

    Les enquêteurs ont compilé une liste des auteurs présumés qui ont été nommés à plusieurs reprises par les victimes et les témoins comme responsables de violations graves des droits de l'Homme. Cette liste sera partagée avec les "mécanismes judiciaires pertinents".

    Des conclusions "politiquement motivées" pour le gouvernement

    Pour le gouvernement burundais, les conclusions de la mission d'enquête de l'ONU sont "politiquement motivées".

    "Les accusations des enquêteurs de @UNHumanRights sont politiquement motivées et basées sur des témoignages anonymes, non vérifiés", a dénoncé le responsable de la communication de la présidence burundaise, Willy Nyamitwe, sur son compte twitter.

    "@UNHumanRights n'a pas respecté les règles d'usage en publiant ce rapport sans la réponse du @BurundiGov", a-t-il affirmé.

    Il a ajouté que le gouvernement burundais avait transmis à la commission de l'ONU "un document de 40 pages répondant à ce rapport biaisé et politiquement orienté"

    D'après le rapport, en date du 30 août 2016, l'ONU a pu vérifier 564 cas d'exécutions depuis le 26 avril 2015. Une estimation "prudente", selon les enquêteurs.

    Personne ne peut quantifier exactement toutes les violations perpétrées et qui continuent d'avoir lieu dans un "contexte aussi fermé et répressif" que celui du Burundi, expliquent-ils.

    Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme, plus de mille personnes ont été tuées dans le cadre de la crise.

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  3. iTELE

    Libération d'un journaliste accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat"

    L'organisation SOS Médias Burundi a rapporté jeudi la libération d'un journaliste radio qui était accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" tandis que d'autres journalistes de ce pays en crise ont débuté un "hommage" en l'honneur d'un collègue porté disparu depuis le 22 juillet.

    Une semaine plus tôt, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'était alarmée de l'arrestation de ce journaliste de la radio Buja FM par des agents du SNR dans un bar de Gatumba, ville située à l'ouest de la capitale Bujumbura.

    Parallèlement, le rédacteur en chef du journal Iwacu, Léandre Sikuyavuga, a rappelé être sans nouvelles du journaliste burundais Jean Bigirimana, arrêté le 22 juillet par le SNR qui lui reprocherait, selon RSF, ses déplacements fréquents vers le Rwanda voisin.

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  4. iTELE

    L'ONU présente un rapport accablant sur les tortures et les exécutions

    L'ONU a présenté vendredi un rapport accablant sur des centaines d'exécutions, de cas de torture et de viols commis au Burundi et a donné deux mois au gouvernement pour répondre de ces accusations.

    Lors de sa 58e session tenue à Genève, le Comité contre la torture a examiné le rapport spécial qu'il avait demandé au Burundi après avoir reçu "des informations alarmantes faisant état de possibles cas de torture à motivation politique ou ethnique", selon un communiqué.

    Le document de 12 pages demande aux autorités burundaises d'ouvrir des "enquêtes indépendantes et impartiales" sur 348 exécutions extrajudiciaires et 651 cas de torture enregistrés entre avril 2015 et avril 2016, qui auraient été commis en majorité par des membres de la police et des services de renseignement.

    Des disparitions forcées, des violences sexuelles et une "rhétorique génocidaire"

    Les violences au Burundi ont éclaté en avril 2015, après que le président sortant Pierre Nkurunziza eut décidé de se présenter pour un troisième mandat. Il a été réélu en juillet 2015.

    Le Comité contre la torture dénonce également les "disparitions forcées d'opposants politiques", citant le chiffre de 36 cas entre avril 2015 et avril 2016, les "violences sexuelles par les forces de sécurité et des jeunes Imbonerakure" (miliciens), ainsi qu'une "rhétorique génocidaire" visant la minorité tutsie.

    "Le Comité demande au Burundi de lui soumettre d'ici au 12 octobre un rapport spécial de suivi sur toutes les mesures prises pour mettre en oeuvre l'ensemble des recommandations" figurant dans le rapport.

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    La frontière rwandaise fermée aux transports en commun

    La rupture avec Kigali est de plus en plus marquée et le Burundi de plus en plus isolé. 

    En effet, le gouvernement a décidé de fermer les agences de voyages et les lignes de bus permettant de rejoindre le Rwanda voisin. Une mesure prise pour "protéger les populations", comme le rapporte nos confrères d'RFI Afrique. Les personnes qui souhaitaient se rendre au Rwanda depuis Bujumbura, capitale du Burundi, ont été sommées de descendre des bus samedi, et plus aucun d'entre eux n'a ensuite effectué le trajet. La veille déjà, des véhicules de transports en commun étaient stoppés à la frontière, par "mesure de sécurité", explique  Pierre Nkurikiye. 

    Un déficit de production alimentaire de plus de 30%

    Le porte-parole de la police burundaise justifie celle ci par le fait que plusieurs criminels franchiraient par ces moyens la frontière rwandaise.  Rien ne les empêche de le faire via des véhicules particuliers qui, eux, sont toujours autorisés à circuler à condition qu'ils ne transportent pas de produits alimentaires. Depuis le début du mois d'Août, le Burundi a interdit l'exportation de ses produits vivriers pour prévenir une pénurie alimentaire liée à la sécheresse. Le pays enregistre déjà un déficit de production de plus de 30%, selon l'ONG Parcem.

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    ​Le gouvernement refuse le déploiement de 228 policiers de l'ONU sur son sol

    Le gouvernement burundais a annoncé dans un communiqué "rejeter" la résolution de l'ONU adoptée vendredi 29 juillet à l'initiative de la France et prévoyant le déploiement de 228 policiers dans le pays.

    Le porte-parole du gouvernement écrit:

    Le gouvernement du Burundi rejette toute disposition de la résolution en rapport avec l'envoi d'une force quelconque sur son territoire, en violation des règles élémentaires régissant la famille des Nations unies et surtout violant la souveraineté de son territoire.
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  7. iTELE

    Manifestation à l'appel du pouvoir contre la France et la résolution de l'ONU

    Le gouvernement du Burundi a organisé samedi une manifestation devant l'ambassade de France à Bujumbura, pour manifester son hostilité à la résolution de l'ONU adoptée vendredi à l'initiative de la France et prévoyant le déploiement de 228 policiers dans le pays.

    Premier officiel à réagir, le représentant permanent burundais auprès des Nations unies, Albert Shingiro, a donné le ton. "Inimaginable de croire qu'une résolution non consensuelle puisse être appliquée sans le respect du sacro-saint principe de la souveraineté" du Burundi, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

    Clairement "organisée par le pouvoir", selon une source diplomatique occidentale à Bujumbura interrogée par l'AFP, cette manifestation est partie de la place de l'indépendance en plein centre-ville de la capitale, pour se diriger vers l'ambassade de France.

    "La France a besoin de Casques bleus pour sa sécurité"

    Encadrés par de nombreux policiers, ceux-ci ont organisé un sit-in de plusieurs minutes devant l'ambassade, en lançant des slogans hostiles à la France et au déploiement de la future force de police prévue par la résolution de l'ONU.

    "Le peuple burundais dit non à la résolution 2303 de l'ONU", proclamait l'une des pancartes brandies par les manifestants, selon des photos publiées par les médias burundais.

    "La France a besoin de Casques bleus pour sa sécurité. Plus de 100 personnes tuées à Nice", pouvait-on lire sur une autre pancarte, en référence à l'attentat de Nice (sud-est de la France) qui a fait 84 morts le 14 juillet. Une troisième accusait :

    La France veut envoyer des hommes armés au Burundi pour commettre un génocide comme au Rwanda en 1994.

    La manifestation s'est toutefois déroulée dans le calme. "C'était très bon enfant, il n'y a eu aucun problème", a expliqué l'ambassadeur de France, Gerrit van Rossum, interrogé par l'AFP au téléphone depuis Nairobi.

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    Le Conseil de sécurité autorise le déploiement de 228 policiers de l'ONU

    AA/Bujumbura/Yvan Rukundo

    Le Conseil de sécurité a décidé vendredi de déployer progressivement 228 policiers de l'ONU au Burundi pour tenter de ramener le calme et de faire respecter les droits de l'homme.

    Aux termes d'une résolution proposée par la France et adoptée par le Conseil par onze voix pour et quatre abstentions (Chine, Angola, Egypte, Venezuela), ces policiers seront envoyés à Bujumbura et dans tout le Burundi "pour une période initiale d'un an".

    Leur mission pourra être prolongée ou modifiée si la situation empire.

    Ils seront chargés de "surveiller la situation en matière de sécurité" ainsi que le respect des droits de l'homme, en coordination avec quelques dizaines d'observateurs et d'experts militaires de l'Union africain déjà déployés.

    Mais leur efficacité dépendra largement de la marge de manoeuvre que leur laisseront les autorités burundaises, et celles-ci n'ont pour l'instant accepté d'accueillir que 50 policiers.

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    Des jeunes du parti au pouvoir accusés de viols collectifs

    Dans un rapport publié mercredi 27 juillet, Human Rights Watch (HRW) assure que des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, violent collectivement des femmes depuis 2015. Selon l'ONG, ces viols collectifs seraient une réponse du pouvoir aux manifestations hostiles au gouvernement burundais.

    Skye Wheeler, chercheuse sur les situations d'urgence auprès de la division Droits des femmes de HWR, a détaillé l'accusation de l'ONG : 

    Des agresseurs de la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi ont ligoté, sauvagement battu, et violé collectivement des femmes, souvent alors même que leurs enfants se trouvaient à proximité. De nombreuses femmes subissent des séquelles physiques et psychologiques à long terme.

    En outre, des membres masculins de ces familles auraient été enlevés voire tués.

    L'opposition visée, le pouvoir dément

    "Nombre de ces viols semblent avoir pris pour cible des membres de familles d’opposants présumés au gouvernement", précise HRW, qui accuse également des policiers ou des hommes vêtus d’uniformes de police.

    De nombreux témoignages recueillis confirment l'hypothèse de viols ciblés. Parmi eux, celui d'une femme âgée de 36 ans :

    J’étais maintenue par les bras et les jambes. [Un agresseur] a dit : ‘On va la tuer, c’est la femme d’un FNL (Forces nationales de libération, parti d’opposition) tandis qu’ils me violaient.

    Le responsable de la communication de la présidence burundaise, Willy Nyamitwe, a balayé les accusations de HRW, assurant que "les Imbonerakure ne sont pas un gang de violeurs".

    Même son de cloche - quoi qu'un peu plus vindicatif - du côté des Imonerakure. Un texte publié sur Facebook rejette fermement ces accusations : "Cette haine, cette stigmatisation, cette médisance, cette déshumanisation, cette diabolisation de Human Rights Watch échoueront." Sur Twitter, ils dénoncent, au choix, une "publication fantaisiste et clownesque", un "rapport mensonger", une "campagne de haine" et de "médisance" menée par une "ONG à la solde des opposants radicaux".

    Viols d'enfants dans des camps de réfugiés

    Le rapport de HRW ne s'arrête pas là. Des femmes, mais aussi des filles qui fuient le Burundi et rejoignent des camps de réfugiés en Tanzanie voisine, sont victimes de viols, dont le nombre est "alarmant", explique l'ONG :

    Les personnes ayant fui vers la Tanzanie ne sont pas à l’abri de la violence sexuelle dans les camps de réfugiés, où le nombre élevé de viols est alarmant, notamment les viols d’enfants. Des femmes et des filles ont été violées aussi bien à l’intérieur des camps que dans les endroits à l’extérieur où elles vont chercher du bois pour le feu ou bien des marchandises destinées au marché. Ces viols représentent souvent jusqu’à trois ou quatre cas par semaine. Les femmes ont indiqué que les agresseurs comprenaient d’autres réfugiés burundais ainsi que des Tanzaniens. Des travailleurs humanitaires ont confié à Human Rights Watch qu’ils étaient préoccupés par le nombre élevé de viols d’enfants.

    Dans le camp de réfugiés de Nduta, situé dans l'ouest de la Tanzanie, HRW a rencontré plus de 70 victimes de viol. Au camp de Nyaragusu, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déploré le viol de 264 femmes et 59 filles de mai à septembre 2015, accusant notamment les Imbonerakure d'en être responsables. 

    En janvier dernier déjà, l'ONU avait dénoncé l'existence de viols collectifs commis par les forces de sécurité burundaises.

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    Burundi: l'ancienne ministre Hafsa Mossi assassinée à Bujumbura

    L'ancienne ministre burundaise Hafsa Mossi, une proche du président Pierre Nkurunziza, a été assassinée mercredi à Bujumbura, a annoncé le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye.

    Capture d'écran Youtube

    Hafsa Mossi, actuellement députée au Parlement de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC), a été "assassinée à 10h30" (08h30 GMT) dans le quartier de Gihosha, dans l'est de Bujumbura, par "deux criminels dans un véhicule", a indiqué Pierre Nkurikiye sur son compte twitter.

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    11 lycéens inculpés d'outrage à chef d'Etat pour avoir abîmé des photos du président

    Onze lycéens burundais ont été incarcérés et inculpés vendredi d'outrage à chef d'Etat pour avoir abîmé des photos du président Pierre Nkurunziza. Une information donnée à l'AFP par une source policière sous couvert d'anonymat: 

    Le procureur de Muramvya (centre du Burundi, ndlr) vient de décider d'en incarcérer onze (...) pour outrage à chef d'Etat
    Ces enfants, 6 filles et 5 garçons tous âgés de plus de 14 ans, ont été écroués à la prison centrale de Muramvya en milieu d'après-midi

    Ces informations ont été confirmées par plusieurs témoins, dont un parent qui a vu sa fille emmenée dans la prison, et un des avocats qui a assisté les élèves, âgés selon lui de 14 à 19 ans. 

    L'outrage à chef d'Etat est passible d'une peine de cinq à 10 ans de prison, selon le code pénal burundais.

    Une dizaine d'autres élèves âgés de moins de 14 ans ont été relâchés, selon la source policière. Des agents du service national de renseignement avaient interpellé vendredi matin des élèves, accusés par la direction de leur établissement d'avoir abîmé la photo de Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires, dans plusieurs écoles de Muramvya et ses alentours.

    Tirs contre des manifestants, 3 blessés

    Immédiatement après les premières arrestations, menées au lycée communal de Muramvya, des centaines de lycéens ont manifesté en direction du centre-ville, réclamant la libération de leurs condisciples, selon plusieurs témoins.

    Ces derniers assurent que les forces de l'ordre ont alors ouvert le feu sur les manifestants. "Des policiers des services secrets burundais ont alors tiré pour disperser la manifestation, blessant par balles grièvement deux élèves et un motard qui passait par là", assure un des témoins.

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