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Justice – Publié le 26 août à 08:19 – Mis à jour le 26 août 2014 à 11:08

Christine Lagarde entendue dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais

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Christine Lagarde entendue dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais

Christine Lagarde, l’actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI), est auditionnée depuis ce matin par les magistrats de la Cour de Justice de la République dans l’affaire de l’arbitrage Tapie-Crédit Lyonnais qui a permis à l’homme d’affaires de récupérer 403 millions d’euros. Selon nos informations, cette audition devait avoir lieu au début du mois de juillet mais a été reportée à ce jour en raison de l’emploi du temps de la patronne du FMI.

C’est la quatrième audition par les magistrats et les parlementaires de la CJR de l’ancienne ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy. Christine Lagarde, qui est seulement « témoin assisté » dans ce dossier, a déjà été entendue en mai 2013, puis en janvier 2014, avant d’être confrontée en mars dernier à son ancien directeur de cabinet Stéphane Richard, aujourd’hui patron d’Orange, mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans le volet non ministériel du dossier.

Selon nos informations, cette audition devant la Cour de Justice de la République ne devrait être qu’une formalité pour Christine Lagarde, les magistrats souhaitant seulement lui demander quelques précisions avant de clôturer leur instruction et transmettre leur dossier au procureur général de la Cour de cassation.

Ainsi Christine Lagarde devrait échapper à toute mise en examen dans ce dossier.

Selon nos informations, cette audition devrait tourner une dernière fois autour d’une lettre datée du 23 octobre 2007. Cette lettre est un document clé pour les juges. D’abord parce qu’elle débloque le processus d’arbitrage, ensuite parce qu’il est l’un des rares écrits signé par Christine Lagarde dans cette affaire d’arbitrage.

Or Christine Lagarde continue à affirmer qu’elle ne connaissait pas l’existence de cette lettre, qui aurait été paraphée avec sa « griffe », la machine à signer. Au départ l’ancienne ministre avait affirmé être à l’étranger ce jour-là avant de reconnaître être à Paris le matin. Néanmoins, Christine Lagarde a été formelle lors de la confrontation avec son directeur de cabinet Stéphane Richard en mars dernier : son emploi du temps très chargé ne lui permettait pas de réfléchir à cette question et de donner des instructions à collaborateur.

Mais Stéphane Richard a affirmé, lui, le contraire.

"Un rôle limité dans le dossier"

Christine Lagarde, qui a néanmoins largement dédouané Stéphane Richard, a assuré lors de cette confrontation qu’elle «a joué un rôle limité dans le dossier » et qu’elle « ne peut croire un seul instant qu’il y avait une volonté de quiconque d’orchestrer un arbitrage de complaisance »

L’absence de mise en examen de Christine Lagarde fragilise le dossier, au moins dans son volet politique. En effet, les juges de la CJR , en laissant la patronne du FMI sous le statut de témoin assisté, cassent la chaîne des responsabilités.

Outre Stéphane Richard, quatre autre personnes ont été mises en examen dans ce dossier pour « escroquerie en bande organisée »dont Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne et le juge arbitre Pierre Estoup.

Jean-Michel Decugis