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Otages – Publié le 22 juin à 07:00 – Mis à jour le 22 juin 2015 à 10:00

Serge Lazarevic : "Ils m'ont demandé si je préférais une balle dans la tête ou être égorgé"

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Serge Lazarevic : "Ici, ma vie est encor...

Libéré en décembre dernier après avoir été retenu plus de 3 ans par Aqmi au Sahel, l'ex-otage Serge Lazarevic s'est depuis montré très discret dans les médias. Il a néanmoins accepté de revenir, pour iTELE, sur les circonstances de son enlèvement au Mali, ainsi que sur les conditions de sa captivité. Une interview exclusive.

Plus de 6 mois après sa libération survenue le 9 décembre dernier, Serge Lazarevic a accepté d'évoquer sa douloureuse expérience et son difficile retour à la "vie normale". Enlevé en novembre 2011 en compagnie de Philippe Verdon - lequel sera assassiné en juillet 2013 - l'ex-otage sera resté plus de trois ans aux mains de ses ravisseurs d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), dans une région du Sahel que lui-même n'a jamais réussi à identifier. 

"Mourir égorgé ou avec une balle dans la tête"

Ouvrier du BTP, il travaillait au Mali sur un projet de cimenterie lorsqu'il est enlevé seulement 24 heures après son arrivée sur place. Un enlèvement brutal et rapide qu'il raconte dans cette interview. Viennent ensuite les premiers jours de captivité où ses ravisseurs entretiennent une pression constante et ne lui laissent guère d'illusions quant à l'issue du rapt. Ses geôliers lui demandent notamment de quelle manière préfère-t-il mourir. Deux "options" lui sont alors données, une balle dans la tête ou bien l'égorgement. 

Serge Lazarevic évoque également les nombreux déplacements effectués, en raison notamment du déploiement des forces militaires françaises et maliennes dans le cadre de l'opération Serval. C'est au cours de l'un d'eux qu'il rencontrera deux autres otages - libérés depuis - Thierry Dol et Daniel Larribe avec lesquels il va brièvement communiquer. Il est finalement séparé de son compagnon Philippe Verdon lors d'un énième changement de "planque", il ne le reverra plus.

"Le premier jour, c'est tapis rouge, le deuxième coup de pied au cul"

Dans la seconde partie de cette interview accordée à notre journaliste Philomène Rémy, l'ex-otage évoque ce qu'est devenu son quotidien depuis sa libération. Serge Lazarevic donne le sentiment d'un homme profondément meurtri mais aussi déçu de la manière dont il a été traité depuis son retour. "Le premier jour, c'est tapis rouge et le deuxième, c'est coup de pied au cul", c'est avec ces mots forts qu'il évoque ce qu'il a ressenti après avoir été libéré, ajoutant qu'il s'attendait à mieux. Il confie également qu'après une "espèce d'euphorie" de 15 jours, il s'est peu à peu éloigné des membres de sa famille pour ne pas leur infliger davantage de souffrance qu'ils n'en avaient subi durant la détention, se refermant chaque jour un peu plus dans "un petit monde". Un état dont il ignore s'il s'agit d'une "dépression" ou d'un syndrome "post-traumatique". Un mal-être résumé en une phrase difficilement compréhensible pour le commun des mortels mais qui respire la détresse : 

J'étais mieux au Mali, au moins je savais pourquoi j'étais là-bas, j'étais torturé tous les jours [...] ici j'attendais une aide, ici ma vie est encore plus détruite qu'avant.

Serge Lazarevic: "Ici, ma vie est encore plus détruite qu'avant" - Le 22/06/2015 à 07:07

Article rédigé par la rédaction web d'iTELE
Sujet réalisé par Philomène Remy