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Économie – Publié le 19 janvier à 11:20 – Mis à jour le 19 janvier 2014 à 11:24

Une centaine d'entreprises françaises à l'assaut du marché iranien

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Paris : un projet de coulée vert sur l'a...

Demain, grand jour pour l'Iran. C'est la levée partielle des sanctions sur le pays après l'accord du 24 novembre. A partir du 20 janvier, en échange d'une limitation de l'enrichissement de son uranium, les grandes puissances vont lever les sanctions sur les exportations pétrochimiques iraniennes et sur les secteurs automobile et aéronautique. Une nouvelle ère qui s'ouvre pour l'économie iranienne, mais également pour les entreprises françaises.

Le Medef organisera un voyage exceptionnel d'une délégation d'entreprises du 2 au 5 février à Téhéran. Une information révélée par nos confrères du Wall Street Journal. Selon les informations de notre journaliste économique Nassira El Moaddem, une centaine de dirigeants d'entreprises du CAC 40 et de PME, de différents secteurs, y participeront ; un nombre élevé pour ce type de voyage. Par exemple, selon nos informations, Alstom va y envoyer 2 représentants et des personnalités seront également présentes comme Frédéric Saint-Geours, président de l'UIMM et chargé de mission chez PSA.

L'objectif de ce voyage : reprendre contact avec les autorités et les partenaires économiques potentiels. Selon nos informations, des rencontres avec des ministres iraniens auront lieu et le poste de conseiller économique de l'ambassade de France à Téhéran, fermé en raison des sanctions, rouvrira à l'occasion de ce voyage. Il sera le point d’appui des entreprises qui voudront s'installer sur place. Il n'y aura pas de voyage de presse pour cette délégation d'entreprises qui veulent agir en toute discrétion.

Les sociétés françaises sont déjà dans les starting-blocks. Le 20 novembre, le Medef avait organisé un séminaire sur l'Iran, comme le révélait Le Monde. D'après un entrepreneur, l’organisation patronale avait dû refuser des participants, faute de place.

L’Iran, un marché potentiel exceptionnel

Un marché de 76 millions de consommateurs potentiel auquel les entreprises françaises ne veulent pas échapper, notamment dans l'automobile.

PSA et Renault y construisaient à eux deux, 600 000 véhicules jusqu'en 2011 date des dernières sanctions sur l'Iran et ont dû mettre en sommeil leurs activités.

En 2011, l'Iran représentait le deuxième marché en volume pour PSA, derrière la France. Le parc automobile iranien est très vieillissant : 50 % du parc automobile a plus de 25 ans, ce qui signifie qu'il y a un besoin potentiel de renouvellement. Le taux de motorisation iranien est d’ailleurs très faible : 89 véhicules pour 1000 habitants.

Renault et PSA étaient présentes lors de la première foire internationale automobile à Téhéran organisée fin novembre 2013. Les deux constructeurs automobiles qui d’ores et déjà ont repris contact avec leurs relais en Iran, notamment PSA avec son partenaire local, Iran Khodro. Selon un porte-parole de Renault, la reprise pourra se faire rapidement car ses activités concernent l'assemblage.

Les sociétés françaises espèrent que d'autres domaines profiteront à terme des levées de sanction. D’après un expert du marché iranien, le gouvernement mise sur le développement des secteurs suivants : pharmacie, gestion et assainissement de l'eau, distribution, énergie renouvelable, qui pourraient profiter à des champions français.

Cependant, quelques experts estiment que les sociétés pourraient pâtir de deux difficultés : la position française jugée trop ferme par certains, de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères lors des négociations sur le nucléaire iranien ; et du manque de réactivité des Français par rapport aux concurrents Allemands, Italiens et même Américains.

Nassira El Moaddem
Sujet réalisé par Nassira El Moaddem